New Noise magazine. Dans les grandes largeurs!

Featured

Voilà un magazine qui n’a pas peur de s’affirmer dans toute sa diversité, et qui assume des goûts qui peuvent laisser les spécialistes de l’underground autant que les consommateurs de mainstream sur le côté. C’est ça la force de ce magazine: parler de musique sans se prendre la tête et ouvrir les écoutilles au maximum tout buy pfizer viagra in canada en gardant une belle intégrité. A l’heure où la presse écrite n’est pas à son heure la plus facile, voilà un petit village qui résiste encore à l’envahisseur numérique… Quoique! 
Rencontre au sommet avec Olivier Drago, le rédac’ chef de ce bouzin bien cool.
 
New Noise n’est pas créé ex-nihilo, puisque sa genèse résulte de la mutation de velvet magazine en versus magazine, qui lui-même engendrera le monstre mélomane polycéphale que tu as l’honneur de diriger. Peux-tu revenir sur ce long accouchement et ses différentes contractions dans la douleur? Comment la ligne éditoriale s’est-elle affinée entre versus et new noise?
Oui, on peut considérer que new Noise, existe depuis maintenant presque dix ans, sous différents noms, Velvet, Versus et Noise. Chaque changement de nom correspond à un changement d’éditeur. New Noise devrait être le dernier, puisque depuis fin 2010, nous éditons nous-mêmes le magazine. Nous sommes tombés trois fois sur de pseudos éditeurs/financeurs plus ou moins véreux mais toujours sacrément incapables. L’histoire est assez complexe et rocambolesque… Bref, le point positif reste que durant toutes ces années j‘ai beaucoup appris sur le métier et travaillé avec les gens qu’il fallait, distributeur, imprimeurs, etc., pour pouvoir continuer seul, puisque le magazine, s’il a souvent manqué d’annonceurs, s’est toujours bien vendu. Je me dis aujourd’hui qu’il fallait en passer par tout ça. Au départ, j’étais corédacteur en chef du webzine No Brain No Headache. Notre premier éditeur suivait régulièrement le site et m’a un jour contacté en me demandant de lui monter une équipe rédactionnelle pour un nouveau magazine papier avec bonus DVD dans la veine du Rage des années 90, ma revue musicale de référence à l’époque. Tout a débuté comme ça. Ensuite, je ne sais pas si la ligne éditoriale s’est réellement affinée entre Velvet et new Noise. Les sommaires de new Noise me paraissent évidemment plus cohérents, mais c’est aussi parce qu’ils correspondent bien sûr davantage à mes goûts actuels. Aux tout débuts de Velvet, nous étions un groupe d’amis et chacun traitait des groupes qui l’intéressaient sans se soucier d’une quelconque cohérence éditoriale. Depuis, l’équipe a beaucoup changé : en 2003 nous étions une dizaine, aujourd’hui je compte une quarantaine de collaborateurs réguliers.

2- Novembre 2010 – mars 2013. La forme a beaucoup évolué. Qu’est-ce qui vous pousse à si régulièrement revoir votre approche graphique ? Pourtant il me semble que le fond, la ligne éditoriale qui consiste à lever le voile sur des groupes, des artistes officiant dans des styles pas toujours très représentés dans les médias, reste assez fidèle à lui-même. Y a-t-il des styles musicaux que vous répugnez désormais à couvrir au regard de leur évolution?
Je vais remonter un peu plus loin : en 2003, l’idée était de lancer un magazine sans ligne éditoriale précise ou calculée, mais aussi sans charte graphique, dans la veine de la revue musicale américaine des années 90,
Raygun. À chaque article une mise en page propre. Sur le plan graphique, Rage s’en était aussi beaucoup inspiré, mais je ne l’ai su qu’après. Nous nous sommes vite rendu compte que non seulement c’était un boulot énorme, mais que pour que le tout reste lisible, il fallait réduire le nombre de signes par pages (assez important) que nous avions fixé. Nous avons préféré simplifier de plus en plus la maquette, pour cette raison, et pour gagner du temps et unifier un magazine très éclectique dans ses choix éditoriaux. Les changements de ces dernières années ont été beaucoup moins importants il me semble. Disons, que notre graphiste se lasse vite et que sa logique nous échappe souvent. Concernant la ligne éditoriale, je considère aujourd’hui new Noise comme un magazine donnant priorité à des genres tels que l’indie-rock, le post-punk, le noise-rock, le post-rock,  le Metal (sludge, death, black, thrash, post-hardcore, drone-metal, metal experimental/hybride), le grunge, le garage, le rock psyché (space-rock, krautrock) mais aussi ouvert vers le hip-hop, l’electro, les musiques expérimentales ou la folk.
3- New Noise est à mon sens le premier magazine français traitant du Metal comme un style musical parmi tant d’autres. Et quand bien même vous collez à l’actualité, au regard de la régularité de vos publications, on vous sent plutôt intègres dans votre démarche, souvent intellectuelle, mais jamais élitiste. Je pense par exemple au fait que vous puissiez parler de manière tout à fait équivalente de la noirceur d’un portal, ou de l’énergie du dernier album d’anthrax. Qu’est-ce qui vous distingue de la presse Metal habituelle en France? Que représente ce style dans votre parcours musical personnel?
Non, nous ne sommes pas le premier magazine français à traiter le Metal « 
comme un genre musical parmi tant d’autres », Rage le faisait, Best aussi dans une moindre mesure. Mais c’est vrai, une scission s’opère vraiment au niveau du metal, on le constate dans les réactions des lecteurs : « numéro trop Metal », « numéro pas assez Metal », on entend souvent ce genre de commentaires. Notre but est bien évidemment de créer des ponts entre les genres, d’ouvrir les goûts musicaux des lecteurs. Je pensais qu’avec Internet, toutes les petites chapelles allaient se décloisonner, mais c’est loin d’être toujours le cas. Au contraire, grâce au Net les gens peuvent se spécialiser dans tel ou tel sous-genre en cherchant jusqu’au plus petit groupe underground, et cultiver une approche puriste, élitiste (ce que je peux comprendre de la part d’un gamin de 17 ans, moins de celle de gars de 35, 40, voire 45 balais). Aux États-Unis ou en Angleterre, les plus gros webzines indie (Pitchfork, Brooklyn Vegan, The Quietus, etc.) traitent du metal comme des autres genres, sans distinction, ça ne pose pas problème. C’est aussi ce que faisait John Peel, fan de bolt thrower et napalm death comme de The Fall ou Robert Wyatt.
Durant plusieurs années, nous avons beaucoup parlé de tout ce qui était sludge, drone, post-hardcore, etc. ce qui nous a valu une réputation de magazine bourrin. Alors certes, par rapport à
Magic, Tsugi, Voxpop, et tout ce qui se fait en presse musicale française non-metal, nous le sommes, mais nous ne sommes pas que ça, ça me semble évident. Ces dernières années, nous nous sommes un peu lassés de ces genres – trop de sorties, souvent médiocres – et certains nous ont reproché de ne plus leur accorder autant de place qu’avant et de nous « popiser ». On en est pourtant très loin…
Je pense que les metalleux nous considèrent souvent comme un magazine pour hipsters, car nous traitons d’indie rock et de certains groupes portés par la « hype » (concept ô combien subjectif ceci-dit) et les indie rockers comme un magazine de beaufs, car nous traitons de metal et de groupes totalement en dehors du cool, ou non jugés de bon goût. Si tu veux être un média musical cool aujourd’hui, il ne faut pas trop s’éloigner de l’axe indie rock-garage-electro (pointue de préférence)-hip-hop-groupes cultes intouchables (Can !), avec un petit topo sur meshuggah ou sunn o))) de temps en temps pour faire méchant (mais intelligent), le tout avec un ton un peu sarcastique. Malheureusement (heureusement), j’ai très mauvais goût, j’aime une tripotée de groupes has-been. Effectivement, nous ne sommes ni cool, ni élitistes, sinon on ne parlerait pas d’Alice In Chains, de Supuration, de six feet under, de Living Colour, etc. Enfin bon, selon sa culture, chaque lecteur verra les choses différemment.

Ce qui nous distingue de la presse Metal actuelle, c’est que nous ne sommes pas un magazine Metal. Et quand nous traitons de groupes Metal, ce ne sont pas forcément les groupes Metal mis en avant ou traités dans la presse Metal. Ce qui nous distingue du reste de la presse rock française, c’est que je n’ai jamais été fan des
Inrockuptibles ou de Rock ‘n’ Folk.
J’ai toujours écouté beaucoup de Metal, du Thrash, du Death, les classiques du Heavy Metal traditionnel, du Stoner, du Sludge, du Hardcore, de la fusion, du grunge, du Tech Metal, avec souvent une grosse préférence pour les groupes un peu hybrides (Faith No More, Nine Inch Nails, Type O Negative, ministry, Kyuss, Only Living Witness, Coroner, Helmet…). Jeune, j’ai eu ma période Cure, Midnight Oil, Depeche Mode, Sex Pistols, etc., puis je suis passé à def leppard, iron maiden, black sabbath, metallica, thin lizzy. Mais c’est à travers l’écoute de Faith No More que je me suis véritablement ouvert et que j’ai découvert de fil en aiguille The Young Gods, killing joke, les red hot, Gang Of Four, Big Black, John Zorn, Jane’s Addiction, Hüsker Dü, Pavement, Rollins Band, etc. C’était aussi les débuts de la période grunge, propice à ce genre de découvertes. Les magazines Metal parlaient d’ailleurs de la plupart de ces groupes, tu y trouvais aussi bien Bon Jovi, bad brains et death que Sonic Youth et Helmet.


4- Olivier, tu es le rédac’ chef d’un magazine présentant un large panel de styles musicaux. N’est-ce pas parfois difficile de faire le tri entre les actualités de ces styles si différents ? Avez-vous parfois des discussions houleuses dans les choix éditoriaux entre les journalistes et toi ?
Non. Je ne suis pas un grand « calculateur ». Je ne cherche pas à garantir tel ou tel quota de groupes Metal ou electro par numéro, etc.  Je me fiche de passer à côté de tel ou tel « groupe cool », de ne pas avoir parlé en premier de tel ou tel micro-mouvement qui va faire le buzz durant trois mois. Il y a tant de sorties, ça en devient dingue, impossible de tout suivre. Pas besoin de toute façon : comme les autres, je passe à côté de quantités de bons disques, mais j’en découvre aussi plein. Dans un numéro, je cherche juste à faire du 50/50 entre groupes établis et jeunes groupes, mais ce n’est pas toujours évident. J’aime alterner les « couvertures découvertes » (Warpaint, Marvin, Electric Electric, PVT, Cheveu, Aucan, Black Bananas, Health) et les couvertures avec groupes plus connus – toutes proportions gardées (Dinosaur Jr., Clutch, Alice In Chains, Portishead, Sonic Youth, Primus, Liars…) –, mais là non plus, ce n’est pas toujours possible…

À part récemment, au sujet d’une couverture Frustration, que deux journalistes souhaitaient ardemment, pas de discussions houleuses, non. De toute façon, la plupart de nos échanges se font e-mail, n’imaginez pas un bureau de rédaction hyper bruyant avec une dizaine de journalistes excités, car chacun travaille chez soi. Ça a ses avantages et ses inconvénients.

5- A un moment donné, des illustrateurs issus de l’underground comme Nagawika, Tanxxx ou Rica, ont officié dans les pages de new noise. Il y a aussi régulièrement de la place faite à des photographes. Comment penses-tu faire évoluer ce côté graphique Vous avez aussi un site internet http://www.noisemag.net/ . Tu sens ça comment toi la sempiternelle discussion de la mort du papier au profit du tout numérique?
On essaye désormais de publier un portfolio et une interview d’artiste graphique à chaque numéro. Histoire d’aérer le magazine et de rompre la monotonie des mises en pages minimalistes des interviews. En ce qui concerne le débat papier/numérique, je n’en pense rien à l’heure actuelle. La presse musicale se vend de moins en moins, mais il n’y a jamais eu autant de titres en kiosques. Les webzines et les blogs pullulent, mais à part une poignée de plus connus que les autres, qui lit le reste ? Les potes ? Les contacts facebook ? Si tu proposes à chacun de ces webzines de passer au papier, tu peux être sûr qu’aucun ne refusera. D’un autre côté,
Pitchfork semble aujourd’hui plus puissant, prescripteur et influent que ne l’a jamais été aucun magazine rock américain ou anglais. Personnellement, j’attends le support numérique qui permettra le même confort de lecture qu’un magazine papier. Ça arrivera.

7- Avec new noise et son équipe de journalistes de choc, vous pouvez vous targuer de faire découvrir de nombreux groupes de qualité dans des registres très variés. Vous pouvez autant parler de gros noms référentiels comme napalm death, nick cave and the bad seeds, young gods, mastodon, et à côté de ça mettre en lumière des groupes très confidentiels. Ca ne fait pas fuir les annonceurs ce côté parfois trop proche de l’underground? Mais je pense que vous vous posez la question en termes qualitatifs bien plutôt qu’en termes quantitatifs dès lors qu’il s’agit de parler de musique… Quels sont les points positifs et négatifs de votre démarche?
En tout cas, nous ne sommes pas des « défenseurs de l’underground », nous ne sommes pas là pour « aider les petits groupes ». Enfin, je parle surtout pour moi. Je suis là pour parler des artistes que j’aime, pour faire découvrir, que ce soit le dernier Nick Cave ou le premier album de Jessica 93. En ce qui concerne les annonceurs musique, on bosse au final toujours un peu avec les mêmes. Donc s’ils sont présents, c’est que notre ligne éditoriale leur correspond. Une régie nous dégote quelques pubs hors-musiques, fort heureusement. Peut-être que si nous mettions en couverture Lana Del Rey, Woodkid ou Muse, nous aurions quelques pubs de marques de fringues en plus, mais je n’en suis même pas certain.


8- Parlons peu mais parlons bien. Et l’avenir dans tout ça?
Pas de gros changements prévus, pour l’instant nous avons trouvé un équilibre, financier et fonctionnel, on ne va donc pas prendre de risques pour l’instant. Juste continuer dans notre coin, modestement, tant que ce sera possible.

diflucan and canadian pharmacy

CHUUL, l'étrange génie du Mal(te)!

Featured

Chuul, quel nom étrange! C’est en fait le crosiement entre un crabe, un fan de Lovecraft et des rognures d’ongle de tool. Basée en Alsace, cette petite asso d’irréductibles buveurs de Metal résiste encore et toujours à l’envahisseur. En quelques années, ce groupe de passionnés est sorti de ses soirées entre potes pour se bouger. Voilà comment un webzine et une assoorganisant des concerts sont nés de l’esprit fou de ces cialis professional online acharnés du riff qui tâche. Grâce à eux, la nuit strasbourgeoise s’annonce chaude et érotique comme un parpaing au milieu de la figure. Voyons plutôt ce que ces braves Eric et Julien ont à nous révéler…

Vous démarrez chuul en 2002 comme de bons étudiants plein de boutons dans la tête et de rêves sur la face, et depuis lors vous avez transformé le webzine en un zine interactif, et aussi en forum. Vous soumettez des interviews, des live reports, des photos et surtout vous avez un panel très large dans vos goûts. Parlez moi un peu de la manière dont vous voyez votre évolution. En 10 ans, les choses ont forcément pas mal changé non?

 

Eric : Eh bien déjà bonjour et merci beaucoup pour ton intérêt et pour cette sympathique interview.

L’idée du Chuul est née au retour du premier festival que nous avons fait, Julien et moi, en Allemagne. C’était le Summer Breeze 2002. Nous étions tout fous et nous venions de prendre une belle claque avec des superbes concerts (The Gathering, No Return, Soilwork, Left Hand Solution, Flowing Tears…). Nous voulions partager tout ça avec le monde entier et ainsi nous avons créé la première mouture du Chuul. C’était franchement amateur à l’époque, mais nous en étions très fiers. Rapidement, nos amis et connaissances ont voulu participer au site et il a fallu le revoir complètement et notamment y insérer un forum. Ce qui a le plus changé pendant ces années c’est la technologie et aussi l’auditoire. Au début, le Chuul était clairement orienté metal goth, dark metal et hardcore old school. Des membres sont partis, d’autres sont arrivés et désormais on œuvre plutôt dans trois « styles » de prédilections : le metal extrême, le post hardcore et l’Ebm.

 

Depuis peu, avril 2012, vous avez aussi créé l’asso chuul live pour organiser des concerts à Strasbourg. On peut noter que jusqu’à présent vous restez dans le créneau du hardcore/postcore principalement. Votre première date ayant misé gros avec les Lyonnais de céleste. Comment ça s’est passé tout ça? C’est venu naturellement cette idée de se lancer dans l’orga de concerts? Quels ont été les retours? On voit de plus en plus des genres à l’origine zassez opposés entrer en fusion ces derniers temps. Il semble que Black Metal et Hardcore se rapprochent et créent de nouveaux hybrides. Vous avez l’air de suivre pas mal les scènes « progressives » d’aujourd’hui. Pensez vous devenir une passerelle efficace entre les groupes et le public?

 

Julien : La première chose à dire c’est peut-être que le Webzine Chuul et l’association Chuul Live sont deux entités bien distinctes bien que très liées. S’il est vrai qu’un certain nombre des membres fondateurs de l’association était effectivement déjà présent sur le webzine, il a cependant été souhaité dès le départ que chaque entité conserve sa propre indépendance.

Sinon, cela faisait évidemment un moment qu’on parlait d’organiser des concerts un jour… Comme n’importe quelle bande de « métalleux » lors de soirées plus ou moins alcoolisées, mais sans jamais oser franchir le pas. Pour être honnête, ce qui nous a décidé, c’est justement l’opportunité de faire jouer Celeste, un groupe que nous sommes nombreux à adorer au sein de l’association. Ensuite, tout a été très vite et s’est organisé assez facilement avec les gars de Celeste qui sont de vraies crèmes. Quant aux retours, ils sont plutôt positifs, mais même si c’est encourageant il n’y a pas de quoi s’enflammer, attendons de voir comment se passeront nos prochaines dates…

Finalement, le but principal de cette association est vraiment de nous faire plaisir en faisant jouer des groupes que l’on apprécie mais aussi et surtout de faire découvrir ces groupes au public alsacien. En ce sens, je pense qu’il est un peu tôt pour nous catégoriser dans le domaine du Post-Core. Comme le soulignait Eric, nous avons tous des goûts assez variés (voir honteux pour certains) au sein de l’asso, et nous avons divers projets en tête, dont certains pourraient être assez surprenants… Mais nous n’en sommes qu’au stade de projet, nous n’en dirons pas plus !

En gros, nous sommes ouverts à pas mal de styles musicaux et donc à toute proposition, du moment que le groupe nous botte !

Vous êtes basés à Strasbourg. Depuis un moment cette ville est vue comme une sorte d’Eldorado du Metal, parce que la salle de La Laiterie faisait passer de grosses tournées. Mais depuis quelques années, il me semble que c’est surtout une salle associative comme le Molodoï ou bien les petites assos, qui font jouer les groupes dans les bars, qui amènent les groupes les plus intéressants dans la nuit strasbourgeoise. La proximité avec l’Allemagne vous offre-t-elle des opportunités en tant que fans et aussi pour capter des groupes en tournée pour vos concerts?

 

Eric : Strasbourg et le metal c’est une histoire compliquée. Fin 90 et début 2000, notre belle capitale était une référence en matière de musiques extrêmes. Toutes les tournées passaient chez nous, de même qu’à Lille et Paris. Nous devons beaucoup à la Laiterie, mais ces dernières années tout à changé. La Laiterie a une programmation metal douteuse et ses prix, ainsi que son « confort » deviennent dissuasifs.

Dans ce contexte, de nombreuses associations sont apparues et elles ont fait un super boulot. A moins d’avoir complètement loupé l’évènement, aucun groupe de post hardcore majeur n’est jamais passé par la Laiterie (Isis, Neurosis…et j’en passe). Il y avait donc une place à prendre. Sonic Death Monkey était très actif à ce niveau là, mais la référence reste Karlsruhe. Nous sommes allés un nombre incalculable de fois là bas pour voir les tournées post hardcore et en ça c’était vraiment une aubaine d’être proches de l’Allemagne.

 

A terme, si la sauce prend, ça ne vous dirait pas de monter un festival dans l’esprit du Roadburn (festival hollandais spécialisé dans la musique grasse, lourde et progressive qui devient très couru par tous les hardos fous ouverts d’esprit)? Il semble qu’en France, ça bouge bien en ce moment dans le style assez ouvert, et pourtant encore trop confidentiel que vous affectionnez…

 

Eric : Organiser un tel festival serait un rêve et nous n’en sommes, hélas, par encore là. De plus, je ne vois aucune structure existante pouvant accueillir un tel événement.

La France est très active en matière de post hardcore. Elle fait, selon moi, partie des 3 scènes majeures dans ce domaine avec la Suisse et les USA. De nombreux groupes excellents viennent de chez nous : Year of No Light, Celeste, Dirge, General Lee, Aside from a Day… et j’en passe. La force de cette scène française c’est qu’elle a vraiment su se renouveler et faire évoluer le style. Dans le même temps, c’est plutôt une scène qui se meurt aux USA.

Julien : Oui, on va probablement se mettre au Dubstep d’ailleurs ! :) Quant au « Roadburn alsacien », c’est une riche idée, mais on va attendre un peu… Mais qui sait… Peut-être qu’un jour… Si on trouve un riche mécène…

Allez, pour finir en beauté, parlez nous des dates que vous avez en projet au niveau des concerts, du zine, du forum. Et longue vie à vous très chers passionnés bien geeks sans qui rien ne se passerait. Car j’entends souvent les gens se plaindre qu’il ne se passe rien à côté de chez eux, mais rares sont ceux qui supportent les petits concerts et les petites assos qui mettent leurs tripes sur la table. Bisous et à bientôt!

 

Julien : Pour le webzine, pas de grands évènements à prévoir, on suit plus ou moins l’actualité en fonction de nos goûts et la saison des concerts commence à reprendre, on va pouvoir recommencer à publier quelques reports.

Concernant Chuul Live, nous avons 3 évènements de confirmés pour le moment et quelques projets en préparation. Nous accueillerons les suisses d’Abraham accompagnés des alsaciens d’Into the Tide pour une soirée post-hardcore au Jimmy’s Pub le 13 octobre prochain, la veille nous organisons une soirée 100% metal local avec Guilty of Reason et Housebound au Mudd Club cette fois. Enfin, le 8 novembre, nous aurons le plaisir de faire trembler les murs du Mudd Club avec le stoner crasseux bien lourd de Belzebong (Pologne) et les copains de Bull Terrier qu’on ne présente plus !

Et pour la suite restez connectés sur www.facebook.com/ChuulLive

Likez- nous, on aime ça !

Et merci à toi pour cette interview et longue vie à Eblastshop !

Eric : Et pour conclure je ne peux qu’ajouter un vieil adage : « C’est le chuul chuul chuul, qui fait chuul chuul chuul » !

PROCESSION: Metal à la sauce Chili.

Featured

Dans notre périple visant à découvrir le Metal sous ses formes les plus intrigantes, nous voilà partis en Suède pour y trouver un de ses nouveaux habitants dont les origines chiliennes discount viagra levitra nous intéressent tout particulièrement.

Felipe Plaza Kutzbach est le fier capitaine du navire Doom procession. Et il nous livre ici des souvenirs, des instantanées de ce que c’est que d’être un métalleux dans le Chili des années 1980 à aujourd’hui.

Salut Felipe. Tu es le leader du groupe de doom plus tout à fait chilien de procession. Mais tu es aussi derrière le tout jeune label Burn records, et tu as aidé ton bassiste danois  Jonas à donner vie à son projet vein. Tu es bien occupé ces derniers temps. Comment tout ça s’est mis en place?

Felipe: J’avais du temps libre, et j’ai surtout ressenti le «besoin» mon pote! C’est ce que j’ai répondu à tout le monde quand j’ai démarré Burn records, ou même vein. En fait il n’y a pas de plan secret tout bien prévu à l’avance, ni d’ambition particulière. Tu verras, les morceaux de vein sont en fait de vieux riffs et des idées de Jonas qu’il avait enregistré l’an passé dans son studio. On a tout fait à la main depuis le début… Et puis c’était un peu comme «garder ça en famille» quand je lui ai dit que je voulais sortir ça sur mon propre label quand tout serait prêt.

Il y a déjà assez de labels qui font les choses à la va-vite, en essayant de se tailler une partu du gâteau tant qu’ils le peuvent. On préfère prendre notre temps, et faire les choses à notre façon. C’est même pas certain que Jonas veuille faire des concerts avec vein, ou désire enregistrer de nouveaux morceaux avec ce groupe. Mais bon, on s’en fout un peu au final. Ce qui compte, c’est que Crux Calvaria sonne comme on le voulait, et qu’on soit satisfaits du résultat. On espère que ceux qui achèteront le EP seront aussi satisfaits que nous.

Certes. Mais ce qui me vient à l’esprit avec ce genre de réponse, c’est que tu as déjà une bonne et longue expérience musicale. Du coup, j’aimerais creuser dans tes racines chiliennes. C’est plutôt commun de dire que toute musique venant ailleurs que des pays occidentaux est «exotique». Que penses-tu de ce terme?

F: Pour les gens originaires d’Europe ou des Etat-Unis ça a du sens… Je pense que c’est leur manière de décrire les sonorités, les concepts et l’imagerie qui dépasse parfois un peu leurs standards. Et puis les Occidentaux ont leurs habitudes à eux, avec un marché bien rôdé pour les festivals, labels, concerts, festivals, etc. Certains pays comme le Chili n’ont pas ça. La perception que nous avons du Metal en grandissant est un peu différente, inhabituelle… exotique! Dans la plupart des cas, ça rend notre approche du Metal plus sombre, plus méchante, sans prétention, et sans compromis.

Oui, ça se tient comme raisonnement. Cependant, je pense que le Chili possède aujourd’hui une des scènes les plus fortes et variées de l’underground. Mais on évoquera ça plus en détail plus tard. Dis-moi plutôt quels sont les groupes chiliens précurseurs du Metal. Ce que je veux dire, c’est que un peu comme en Espagne, le pays a été sous l’emprise d’une dictature pendant des années. Ca n’a pas empêché les gens de se confronter aux musiques venant de l’étranger, parmi lesquelles on compte le Metal. Tu es certainement trop jeune pour te rappeler cette époque, mais j’aimerais que tu nous racontes tes souvenirs, ou ce que d’autres métalleux plus âgés ont pu te raconter. Une fois la dictature effondrée, est-ce qu’il y a eu un boom métallique dans ton pays?

F: Je suis encore assez jeune! haha. Mais j’ai eu la chance d’être assez tôt en contact avec des gens qui s’investissaient dans la scène Metal encore grandissante à l’époque. Ils venaient principalement de la côte et de la capitale. Je me souviendrai toujours du début des années 1990. J’avais 6 ou 7 ans, et quand on allait chez mes cousins, l’un d’eux avait une énorme boîte remplie de cassettes que je n’avais pas le droit de toucher. Mais les pochettes de ces cassettes m’intéressaient au plus haut point, moi qui était un gosse fan des G.I. Joe! Haha… Mon cousin était le parfait exemple du collégien à fond dans le thrash, dans le sens où il n’allait qu’aux concerts de groupes sans nom de son bahut. La plupart du temps ça partait en couille à cause des flics qui débarquaient à l’improviste pour tout arrêter, ou bien à cause des parents qui ne trouvaient pas cette activité «socialement acceptable». Ca se passait juste après la chute du régime de Pinochet, mais les mentalités sont restées comme ça encore un bon moment dans les campagnes.

Il y avait déjà des «gros» évènements à la fin des années 1980, à Santiago du Chili, ou même à Viña del Mar/Valparaiso. On y trouvait des endroits où les métalleux se réunissaient et échangeaient des cassettes, des vinyles. Et ceux qu’on appelle les «dinosaures» de cette époque comme  Massacre, Necrosis, Warpath, Nimrod, Pentagram, Torturer, Atomic Aggressor, Sadism, Darkness, Totten Korps, Death Yell, etc, remplissaient déjà les petites salles de concerts cultes comme le «Manuel Plaza», et plus tard la «Sala Lautaro». Leurs concerts étaient synonymes de chaos total, comme on peut le voir sur les vieilles vidéos. Les métalleux avaient pour habitude de cracher sur les groupes en train de jouer pour montrer leur «admiration»! Hahaha! Il y a même eu des cas où les mecs voulaient cramer la salle. Sur la côte, des groupes comme Betrayal, Belial ou Apostasy faisaient aussi leur truc, et ont même organisé un festoche, le «Necrometal», un paquet de fois.

La différence avec l’Espagne, la Russie ou d’autres pays en dictature, c’est que les choses se sont organisées assez vite. Les gars qui jouaient dans des groupes étaient les mêmes qui organisaient des concerts, ou qui démarraient des magasins de disques (Rock Shop, Noise, etc) et qui rendaient cette musique un petit peu plus accessible aux métalleux. (Je raconte ça du mieux que je peux et que je me souvienne, mais pour plus de détails, il existe un excellent bouquin sorti il y a quelques temps :Retrospectiva Al Metal Chilenomalheureusement seulement dispo en espagnol… Nathaniel-). Dans les faits, la dictature a eu des effets sur l’état d’esprit général de rage et de colère des premiers thrasheurs. C’était dangereux, une agressivité contre toute forme de répression institutionnelle, une échappatoire… Appelles ça comme tu veux, mais ça a carrément défini le «caractère» de cette scène.

Comme je le disais tout à l’heure, mes souvenirs remontent au début des années 1990, avec mon cousin ou encore le grand frère d’un de mes copains. Je les voyais rentrer à la maison avec un œil au beurre noir, complètement défoncés, et ça se faisait remonter les bretelles pendant des plombes à la maison, quand c’était pas avec les flics… Quand il n’était pas là, nous on allait mater les pochettes de metallica, kreator, megadeth, slayer, black sabbath, iron maiden jusqu’à ce qu’on décide d’en écouter un… Le premier a dû être Ride the Lightning, parce que à ce moment-là, mon pote et moi avions secrètement loué la vidéo de Scanner.

Donc, déjà tout gamin, tu as des souvenirs liés au Metal. Comme tu l’as dit assez clairement, la première vague de Metal chilien était principalement composée de groupes agressifs. Le Speed, le Thrash et le Death Metal en tête. Parmi ces groupes de jeunes sauvages, il en est un qui a réussi à impressionner jusqu’en Scandinavie au tous débuts de dismember et entombed… Il s’agit de Pentagram. Quel impact a eu ce groupe sur toi et tes potes chiliens?

F: Là tu peux me traiter de blasphémateur, mais en ce qui me concerne, c’est Atomic Aggressor qui m’a botté le cul avant Pentagram. Je me souviens que vers 1995/96 ma mère allait au marché aux puces tous les samedis dans la ville de Belloto, proche de la côte. Elle me laissait devant les bacs à disques, et comme ça j’ai pu rencontrer de plus vieux métalleux originaires du coin. Ils vendaient des cassettes pirates, des t-shirts peints à la main, et puis plus tard des cd gravés aux pochettes photocopiées. Un jour, l’un d’eux m’a vendu une copie pirate de la démo Resurrection d’Atomic Aggressor. Je connaissais à peine death ou morbid angel à ce moment-là, et j’étais à fond dans le Thrash et le Heavy Metal. Mais là je suis devenu accroc tout de suite à cause des parties rapides et bien Thrash. En plus c’était carrément sombre en comparaison de ce que j’écoutais, c’était tout nouveau pour moi! Unholy Temple est pour moi encore une des meilleures ziques provenant du Chili! Plus tard j’ai capté une copie de Bloody Ceremonial et les portes de l’Enfer se sont ouvertes. Hahahaha…

Par la suite, je me souviens d’avoir vu Criminal (-formé par des ex membres de Pentagram- Nathaniel). Ils joueitn quelques titres de Pentagram à l’occasion. Pour moi c’étaient de vieux morceaux de Criminal. Jusqu’à ce que je me rende compte en écoutant une de leur cassette live que le morceau White Hell était en fait un morceau de Pentagram. C’est seulement en 2000 que j’ai mis la main sur une comoilation des démos de Pentagram en cassette… Le pied total ! Toute la fureur des années 1980 était là, l’esprit, la putain de rage inattaquable… Ca m’a bien fait chier de voir toutes ces cassettes, même si pas mal étaient des pirates, détruites par ma mère suite à un épisode assez trouble de ma jeunesse. Hahaha… Heureusement j’ai retrouvé cette compilation des démos de Pentagram en version vinyle.

Bien sûr, l’impact de Pentagram a été énorme (de Pelle «Dead» de mayhem, à Wannes de pentacle) surtout parce que leur leader, Anton Reisenegger était à fond dans le tape trading. Ça lui a permis de gagner en réputation assez rapidement, parce que le son était, et est encore «exotique» pour les Occidentaux! Tous ces groupes des années 1980 ont été et pour certains restent les fondements de l’esprit Metal au Chili. Si l’esprit n’a pas changé beaucoup et demeure un des aspects les plus attractifs du Metal d’Amérique du Sud, et plus spécifiquement du Metal chilien (en restant dans la perspective d’un reflet des diverses conditions sociales), alors il est temps de nous demander si notre pays a changé depuis la dictature, ou bien s’il est devenu encore pire… La réponse a-t-elle vraiment une importance?

J’aimerais quand même savoir où se trouvent les racines du Doom chilien. On a l’impression que Procession est le premier groupe de Doom traditionnel de ce pays à recevoir une reconnaissance sur le plan international.

F: En tant que fan de Doom, je peux fièrement dire que OUI, Procession est le premier groupe chilien de Doom classique à recevoir une attention internationale. Et ça met du baume au cœur pour continuer l’aventure. L’histoire remonte tout de même au début et au milieu des années 1990 avec des groupes comme Mischievous Augury, Temple, Verbimus, Garbage Breed (pre Garbage, plus tard transformé en Poema Arcanvs), Bitterdusk, etc… Toutes les démos et tous les premiers enregistrements de ces groupes posent les fondations du Metal lent au Chili (pour la plupart Doom/Death) à un moment où tous les autres groupes essayaient de sonner de plus en plus rapides. J’ai toujours été fan de Doom/Death, principalement de groupes hollandais ou britanniques, qui ont d’ailleurs influencés tous ces groupes. Certaines de ces cassettes sont pour moi des documents sacrés de l’histoire du Doom, aux côtés de démos de groupes comme Acrimony, Incarcerated ou cathedral

En restant dans le Doom, quels sont les groupes actuels qui jouent dans ce genre au Chili aujourd’hui ?

F: Il y a de bons groupes en ce moment. Essayes de de capter  Capilla Ardiente, Condenados, Marchafunebre et Skull Of Heretic, si jamais leur démo sort un jour…

Dans un pays aussi immense que le Chili il ne doit pas y avoir une grande unité de la scène Metal, mais plus probablement de petits foyers isolés çà et là tout au long du pays. D’après ce que j’ai compris, ce sont plutôt les villes du centre du Chili, telles Valparaiso et Santiago, qui sont le creuset pour le plus grand nombre de groupes. Est-ce que les métalleux chiliens sont habitués à voyager sur de longues distances pour assister à des concerts dans leur propre pays ?

F : C’est partiellement vrai ce que tu dis là, mais on a aussi un gros foyer à Valdivia au Sud du pays, avec le cercle des « Hellthrashers » qui réunit des gens investis dans des groupes comme Attacker Bloody Axe, Anal Destructor, Batallion, Bloody Vengeance, Kuravilu Recordss, etc… Au final, pas mal de métalleux des villes centrales passent leurs week ends à descendre dans le Sud pour assister à des concerts extrêmes et bien sauvages. Ca engendre une ambiance bien sombre et des gens bien motivés. Là-bas, ils font souvent venir des groupes qui se connaissent déjà les uns les autres, du coup l’atmosphère est unique. Encore plus au Sud, du côté de Puerto Montt il y a aussi une poignée de gros maniaques. On a joué devant 250 personnes l’an passé en compagnie de Demonic Rage. C’était sombre, chaud et suffocant… comme l’Enfer !

Cette dernière décennie a vu de plus en plus de groupes étrangers d’importance jouer au Chili. Je pense à candlemass, watain par exemple. Et récemment on a même vu motorhead ou iron maiden sortir leurs albums et dvd live enregistrés dans ton pays ! Qu’est-ce qui rend le Chili de plus en plus attractif pour les grands groupes de Metal ? Est-ce que ça engendre un quelconque bénéfice pour les groupes nationaux (au niveau des concerts, de la promotion, de la presse, etc) ?

F: Bien sûr, mais il faut distinguer les choses dans ce cas précis mon vieux. Le fait que des groupes comme motorhead ou iron maiden aient choisi le Chili, c’est parce qu’ils y sont devenus TRES populaires… Tu vois passer tellement de gens avec les t-shirts de ces groupes dans la rue, que ça en devient presque ridicule. Rien d’étonnant à ce que ces groupes remplissent des stades quand ils jouent ici. Pour les artistes ça veut dire : de bons concerts, de bons retours, et du bon business. Visuellement et conceptuellement, le «Metal» est devenu accepté socialement. On n’a plus la prohibition de concerts d’iron maiden commen ça a pu être le cas en 1993. On est passé à: «ouais, c’est cool pour le moment».

D’un autre côté, quand candlemass, grave, immolation viennent jouer pour un seul et unique concert, c’est une autre paire de manches. Leurs concerts sont la plupart du temps organisés (la plupart du temps) par des fans sans agences de booking ou de gros marketing mélangé à tout ça. Ca aide les groupes locaux de pouvoir jouer en première partie de telles pointures, c’est évident. Du coup ils ont un bon équipement et en général un bon son sur scène, la possibilité d’avoir un stand de merchandising, etc…

Mais il n’y a pas réellement de presse pour ce genre de concerts, même si récemment on voit une résurgence des zines papiers, ce qui est bon signe. La promotion se fait plutôt par le bouche à oreille, et au final ces concerts permettent à des groupes locaux de mieux se faire connaître auprès de leur public.

Maintenant, la vraie raison pour laquelle pas mal de nouveaux groupes underground chiliens bénéficient d’une reconnaissance internationale, est que des labels comme Proselytism records ou Kuravilu records ont l’habitude de beaucoup faire d’échanges avec les Etats-Unis, l’Europe, et même l’Asie. D’habitude, peu de gens se rendent compte du travail de ces labels, mais avec la revalorisation du Metal dans des formats physiques (vinyle, cd, cassette), il est essentiel de toucher les bonnes personnes et les bons réseaux quand tu dois faire la promotion de tes groupes.

J’ai remarqué que le studio DM6, appartenant au batteur Pablo Clares (Atomic Aggressor, Magnanimus, Hades Archer, etc) est devenu un des studios les plus prolifiques pour la scène actuelle du Metal chilien. Est-ce que de par sa position un peu centrale dans la scène il crée une sorte de cohésion, un soutien mutuel entre les groupes? D’ailleurs, l’ambiance est-elle à la compétition ou plutôt au soutien entre les différents groupes chiliens?

F: Je dirais que le studio DM6 est devenu LE studio où enregistrer du Metal obscur et lourd au Chili. Je suis content qu’il bosse de plus en plus de nos jours, parce que ça fait un bout de temps qu’il fait ça, et il s’est bien amélioré avec le temps au niveau technique ainsi qu’au niveau de son équipement. Du coup il en est au point où il peut décider de quel boulot il va prendre ou pas. Pour chaque groupe ayant enregistré chez lui, c’est différent. C’est évidemment plus confortable pour les gr’oupes qui sont déjà passé par chez lui auparavant. Il ne met pas la pression, tu peux discuter des différents points de détail et faire des références assez précises à d’autres groupes sans problème, car il s’y connaît en Metal, étant un fan de Heavy, de Death Metal (et de cramouilles! héhé) depuis des lustres. C’est un pote de longue date, du coup on s’est déjà tapé une bonne dose de barbecues et de session de picolage après la journée de studio. Ca permettait de continuer à parler de détails de l’enregistrement ou tout simplement de bien se marrer. Je ne pense pas qu’il se sente ou aie l’intention d’être «connecté» à la majorité des groupes chiliens. Mais il joue un rôle important dans l’underground d’aujourd’hui en tant que batteur dans Magnanimvs, Communion, Perdition, et en tant qu’ingé son.

Pour la deuxième partie de ta question, je ne pense pas qu’il y ait de competition, mais plutôt du challenge entre les groupes. Certains groupes doivent certainement avoir mauvais esprit, mais ils sont peu nombreux et insignifiants au final. Ce qu’ils font n’a pas de fondement solide. Ils sont plus des moutons que des leaders. J’aime penser que certains groupes bougent, vont de l’avant, persévèrent et finissent par devenir convaincants, parce que justement ils se mettent des défis à eux même et à leur public sur plusieurs niveaux. Si cohésion il y a, c’est plus parce qu’on utilise presque tous le même studio ou avons pas mal de contacts et d’amis en commun. Si on décide de se soutenir les uns les autres, c’est parce que nous partageons une vision et mettons notre âme dans un but commun.

Children of doom. Doom, dur et dingue.

Featured

Lorsque black sabbath a commencé à obscurcir le rock à la fin des années 60, c’est parce qu’il venait du caniveau industriel de Birmingham. Pour children of doom, c’est pareil. La sueur, la passion et un état d’esprit libre comme un nuage de fumée viennent des tripes et de la campagne arrageoise. Sans concessions, mais sans jamais se limiter, ce groupe a tout d’un grand et gagnerait à nous contaminer avec sa musique pleine de vie qui aime s’exploser dans tous les sens, et surtout les notres!

 

Salut Tetar! Comment ça roule? Tu fais une cure de hardcore et de vieux rock en ce moment. Quels groupes nous conseillerais-tu pour accompagner cette interview?

Yo ma gnole! Ça roule plutôt bien, à part ce branleur de soleil qui tarde à se pointer!  Bah, un petit Terveet Kädet  ou un thin lizzy histoire de se motiver à rester! Et pour les plus dark d’entre vous, pourquoi pas un Bad Manners!

Le nom de children of doom est évidemment inspiré par l’album de saint vitus. Vous avez eu la chance de jouer avec Wino (chanteur de saint vitus) récemment. Pourquoi ce groupe compte tant pour vous? Votre démarche musicale se rapproche-t-elle de celle de Wino? D’ailleurs, j’aimerais savoir comment vous envsagez votre musique. Votre démarche, votre attitude avec vos mots:

Saint Vitus restera notre influence principal parce qu’à mon sens leur musique est un prolongement de leur vie. C’est vraiment des mecs de la rue, leur zic sonne comme la galère qu’ils connaissent bien.  Juste parce que ce sont des mecs francs, francs dans leur tête, franc sdans leur amour de la zic et dans la façon de la faire. Saint Vitus ça me laisse le même frisson que quand j’écoute un vieux Son house,  ils décapent toute la fioriture pour causer directement à ton bide et à ton cœur. En plus de ça, j’aime leur façon de faire du Doom. Cette science de faire un Riff à 3 note qui fout tes jambes en guimauve. Et quand tu y réfléchis bien c’est du hardcore passé à la THC !

Quant à Wino, sa démarche est simple et nickel, il fait de la zic, explore les voies qui le branchent et point barre. On aspire juste à faire de même. Bien sûr on n’entend pas révolutionner les choses, mais on a beaucoup d’influence, beaucoup de choses qu’on aime et qu’on veut aborder.  Notre démarche et de pas se foutre de bornes tant que ça nous plaît. Le temps et le manque de thunes en font déjà bien assez. On veut faire une zic à notre image, bâtarde,  métissée, rentre dedans  et ouverte à la fois.

Sur votre démo, on trouve déjà la marque de fabrique de children of doom. Un bâtard de rock cradingue et de doom bien lourd. Pourtant sur l’album, vous avez poussé l’enveloppe vers d’autres ambiances. L’utilisation du saxophone sur un morceau, les riffs parfois rapides, des ambiances différentes tout au long de l’enregistrement. Vous êtes à mille lieux d’être un groupe monolithique. Ca réserve quoi pour l’avenir? Te sens-tu parfois enfermé dans les carcans souvent très rigides du Metal?

Putain oui! Et pourtant on n’est pas des intellos coincé dans un trip complètement prog! On pue, on est moche et on n’a pas de dégaine, à la base de vrais Metalleux ! Haha!  Mais putain dans ce milieu, si tu as le malheur de déstabiliser  un poil l’auditeur, si il ne sait pas te foutre  dans sa case précise où il a toute ses références bien rigide qu’il ne faut surtout pas remettre en question, alors là tes grillé, t’es un faux, ou t’a rien compris.

Si on doit rester fidèle à un truc, c’est notre vision de la chose.  Si on veut faire un riff massif qui fait danser ou alors partir dans un truc à la rythmique toute bancale, ou même marier les deux, on le fera. Si on veut causer d’un connard d’enculé qui mène une politique de merde qu’on veut  combattre, on le fera. Si on veut parler d’Histoire, de beau temps ou de poil on le fera. Si on peut faire des dates ou un split avec un groupe de pop qui déboite même chose!  Bref, on affirmera ce qu’on est déjà et on sera là pour ceux qui en voudront.

Vous jouez pas mal en concert, et pourtant il semble que malheureusement le public se fasse de plus en plus rare pour les petits concerts à pas cher dans un bar sympa. Comment vois-tu la situation évoluer, puisque tu es le nez dans le guidon de ce solex bien mal en point? Comment s’était passée les deux tournées sous la bannière « triumvirat of doom » avec vous, the bottle doom lazy band et calliophis?

Ouais, c’est clair que je ne comprends pas ce qui se passe.  Tu trouves toujours des gens pour se plaindre, soit que c’est plus comme avant, soit que c’est trop cher ou je ne sais quelle autre connerie. Mais à notre époque, comme à toutes les époques d’ailleurs tu trouves de bonnes choses. L’industrie du disque se casse la gueule et c’est tant mieux. Aujourd’hui  il y a plein de petits groupes créatifs qui se cassent le cul pour faire leur concert, des assos qui foutent leurs couilles sur la table pour faire vivre tout ça. Ça donne vraiment de purs moments, on voit des choses se créer, des groupes inventifs qui proposent du son nouveau et du merch intéressant. Ces concerts sont l’occase de voir tout ça, de « consommer » intelligemment (pour une fois que tu fils pas ta thune à une bande de gros bâtard) connaitre mieux ces groupes et les aider parce qu’ils le méritent. D’être un acteur de tout ça!

Les Triumvirats sont des moments de pure intensité, d’amitié et d’amour. Je peux crever demain j’ai des souvenirs plein le cœur!  On perd plus de rond qu’on en gagne, c’est pas tous les jours roses mais si vous prenez la peine de filer 2 balles pour venir nous voir, on donnera tout, on s’éclatera bien et on aura des truc à se raconter les fois suivantes!

Tu es aussi illustrateur, et passioné de vieilles bécanes. Ca se reflète dans l’imagerie liée au groupe. Vous avez une mascotte dénommée Necrotramp. Peux-tu nous en dire plus à son sujet? On retrouve un lien fort vers les illustrations des 70′s, mais avec une touche qui t’es quand même très personnelle. As-tu déjà illustré pour d’autres groupes, ou structures en dehors de children of doom?

Necro Tramp et le squelette d’un vieux motard des 60’s disparus dans le désert alors qu’il roulait sous LSD. Il revient  aujourd’hui  pour incarner (enfin y’a plus que des os)  l’esprit rebelle. Sortir les gens des usines, les forcer à voir et à réfléchir à ce qui les entoure.

J’ai surtout dessiné pour mes groupes pour le moment.  Mais récemment  j’ai eu l’occase de faire des affiches de concerts et les propositions de groupes commencent à venir. J’ai aussi commencé à faire de la sérigraphie pour proposer mes dessins sur des formats poster.  J’ai créé ma boite qui porte le nom de Red Cloud et je devrais bientôt être plus visible sur le net. Avis aux amateurs !

 

Pour le moment vous êtes dans l’écurie emanes metal records. Avez-vous eu des offres venant d’autres labels? Vous avez quand même eu pas mal de critiques positives et enthousiastes pour votre premier album, notamment de la part des organisateurs du festival roadburn en Hollande… L’ouverture de porte est elle en train de se faire, ou alors ça reste encore dans le genre combat quotidien pour children of doom?

Pour le moment nous n’avons eu que des propositions pour sortir notre zic sur d’autre support comme les cassettes.  On se bouge le cul au max pour faire des concerts et proposé notre musique. Récemment, Marie,  une bonne copine et venu nous filer un coup de main parce qu’on n’est vraiment pas des flèches pour tout ce qui est com, internet et organisation. On reçoit de plus en plus de demande pour des concerts et les gens semblent satisfaits de nos tronches. Mais c’est clair qu’on est encore dans le combat, d’autant qu’une partis d’entre nous a arrêté le taf pour pouvoir se consacrer à la musique.  On galère mais on a le sourire comme on dit, et ça c’est le pied !

 

Vu que vous roulez pas mal votre bosse, peux-tu nous parler des groupes et associations qui comptent pour toi et qui se bougent le cul pour faire avancer le Metal vers de nouveaux horizons?

Bin d’abord notre label emanes metal et certains de ces groupes.  Vous nos frangins de résistance, de Bottle Doom Lazy Band, Infinite Translation… Metal Attackk dans le nord, Underground propaganda dans l’Est, Sylvain et Marion à L’Ouest et encore bien d’autre… tous ce qui se sortent les doigts du cul et qui me fond halluciner par leur motivation et  leur passion, malgré les coups dur et les galères.

 

Avant de se quitter et d’attendre de se revoir autour d’une bonne bière du Nord avec des tranches de fromage qui coince, lâche toi et dis nous tout ce que tu lis dans la boule de cristal de children of doom.

Houla!!! Elle chauffe la boule!  D’abord je te remercie pour l’interview et j’espère vite revoir ta tronche d’ourse que je vais bien lécher! Sinon, même si les temps sont dur, j’ai confiance, parce qu’il y aura toujours des gens pour y croire et pour faire vivre la musique! Déplacez-vous en masse pour les groupes et les gens honnêtes  qui se battent pour que cette musique reste une musique de la rue, une musique vivante!

Page de children of doom

Legion of Death records sans peur et sans reproches

Featured

   

This one of the best products in the market with the added value that refrigeration is not necessary. Buy levitra online! Each of these medications are Indian FDA approved and are internationally certified, so you know our products are safe.

Si le Metal occidental domine au niveau commercial, il ne faut pas oublier que beaucoup de groupes de talents proviennent de pays auxquels on n’associerait pas de manière évidente cette musique ravageuse. Le pari de Shaxul et de son label Legion of Death records est bien tenu. Depuis plus d’une décennie, notre homme continue à découvrir les perles rares issues de contrées lointaines. Fort du respect qu’il a gagné avec son travail de fourmi, ce hardos du Poitou a même créé un autre label plus centré sur la scène française et les sorties en CD, sous la forme d’Armée de la Mort. L’interview qui suit est garantie sans langue de bois, sincère et authentique… à l’image de notre interlocuteur.

D’ailleurs nous continuerons à nous entretenir avec Shaxul dans l’avenir. Grâce à lui nous partirons à la découverte des scènes de Metal non occidentales. Préparez vous au dépaysement.

 

 

Salut Shaxul. Legion of Death records a été fondé en 2001, avec pour but de produire, exclusivement en vinyle, des groupes de Metal provenant d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Latine et d’Océanie. Etais-tu seul lors de la création du label? Comment as-tu vu ta structure évoluer en 11 ans? Il semble que désormais tes productions s’écoulent assez rapidement et que le nom du label est assimilé à des valeurs telles que le sérieux et la passion. Mais comment ta volonté de mettre en avant des groupes aussi obscurs et sortant des sentiers battus du metal d’Europe et d’Amérique du Nord as été perçue? J’ai le souvenir qu’un groupe désormais culte comme sabbat (Japon) n’a été pris au sérieux par les Européens que très tardivement finalement…

Salutations infernales, Nathaniel! J’ai créé le label avec Karnage, qui s’est occupé pendant pas mal d’années du fanzine ETERNAL FIRE. Il a malheureusement cessé toute activité métallique depuis de très nombreuses années. Nous avons géré le label à deux pendant peu de temps, en fin de compte. Je constate qu’avec le temps, les maniaks me font confiance et sont curieux de découvrir mes prochaines productions. Du coup, c’est vrai qu’elles s’écoulent assez vite, comme tu dis, après ça dépend du groupe bien sûr, mais en général, je suis plus que satisfait et surtout, les groupes obtiennent d’autres opportunités intéressantes avec de bons labels après une sortie chez LEGION OF DEATH. Au départ, c’est vrai que peu de monde comprenait cette passion que j’ai pour les scènes « non-occidentales »… Peu de labels « occidentaux » justement s’intéressaient à tout ça, malgré la richesse immense et ancienne du Metal là-bas. En fait, les fans du genre se connaissaient, je pense notamment à mon ami King Wolle du zine DESECRATION OF VIRGIN (Allemagne), l’un de mes préférés de tous les temps hehe… On s’échangeait toujours des informations car avant la popularisation d’Internet, tout fonctionnait par courrier et il fallait se démener pour obtenir des news, et surtout être patient car pour correspondre avec des groupes/labels/zines d’Asie ou d’Amérique du Sud, ça prenait un temps fou, sans être sûr que son courrier arrive à bonne destination d’ailleurs! Mais cette soif de découverte m’a toujours enthousiasmé, encore aujourd’hui… SABBAT est un bon exemple, et je l’avoue, moi-même je n’ai connu qu’au milieu des années ’90 (sachant que le groupe existe depuis 1984), notamment grâce au fanzine ISTEN de Finlande, qui les a toujours soutenu, ou bien TALES OF THE MACABRE d’Allemagne. Ce fut une révélation ultime et c’est bien simple, SABBAT est pour moi le meilleur groupe de Black Metal de tous les temps, il incarne la perfection à mon sens. Mais ce n’est qu’un exemple, on peut aussi prendre la scène Brésilienne, que seule une petite poignée de maniaks connaissait ici dans les années ’90, alors que cette scène était très forte et active dans les années ’80 là-bas, et encore aujourd’hui, qui connaît VULCANO (formé en 1981) en France? Pas grand-monde, et la preuve c’est qu’ils ont galéré pour trouver 1 ou 2 date dans ce foutu pays lors de leur tournée actuelle (2012), les orgas soit-disant Metal prétendant que c’est inconnu et qu’il n’y aurait personne, un comble car ces gars qui ne jurent que par le Black Metal Scandinave écoutent des groupes dont les membres jouaient encore avec leur caca lorsque des hordes de malades telles que PARABELLUM, HADEZ, MORTEM, SARCOFAGO, ABHORER, IMPIETY, SALEM, SADISTIK EXEKUTION et j’en passe révolutionnaient la scène de leurs continents respectifs. Pourtant je le vois par rapport aux français qui me soutiennent et qui commandent chez moi, il y a de plus en plus de gens qui se passionnent pour ces scènes. Il faut dire qu’elles ont gardé une authenticité et une intégrité, et ce sont des valeurs en lesquelles je crois.

Tu as aussi démarré un label parallèle à legion of Death, il s’agit d’Armée de la Mort! Cette fois-ci l’idée est de faire connaître des groupes français, mais aussi de produire certains groupes étrangers en cd. Comment t’es venue l’idée de créer Armée de la Mort? Est’ce que tu avais déjà la volonté de rééditer les démos de groupes français tels que mercyless, nomed, catacomb, shud, disabled avant de créer le label? As tu d’autres perles du passé en vue? Celà-dit, tu ne te contentes pas de rééditer de vieilles démos, tu t’ntéresses aussi à des groupes français actuels. Quel sont les groupes français à suivre en ce moment d’après toi? Qu’est-ce qui fait que la France a toujours l’air d’être à la ramasse au niveau du Metal depuis des années? Vois-tu la signature de necrowretch par century media comme une bonne chose pour la scène française?

ARMEE DE LA MORT fait effectivement partie du développement de mon label. LEGION OF DEATH a un concept très particulier, qui ne changera pas, mais ARMEE DE LA MORT me permet plus de possibilités, comme sortir du CD notamment, et soutenir les groupes des régions de France que j’apprécie. Il me permet aussi de sortir les productions de mes groupes MANZER et ANNTHENNATH, car on n’est jamais mieux servi que par soi-même hehe! Pour les ré-éditions, ça me trottait dans la tête, en effet, mais rien n’était vraiment concret.

A part CATACOMB car j’avais rencontré Jérôme (batterie) lors d’un concert en Provence, je me disais que ré-éditer ça serait excellent mais je ne savais pas encore que ça se concrétiserait sur mon label! Ensuite, les idées se sont bousculées car ce n’est pas ça qui manque, il y avait une effervescence fascinante à l’époque et un soutien mutuel entre tous ces groupes, ce qui s’est un peu perdu de nos jours. Ca a toujours été galère de faire du Metal en France et ré-éditer ces vieux groupes cultes est pour moi un devoir de mémoire, un véritable « collectage » (comme on dit dans le milieu du trad’)! Finalement, c’est comme pour LEGION OF DEATH, je soutiens les groupes que j’aime et qui se sont toujours décarcassés pour eux et pour la scène underground. Tiens tu as oublié TORK RAN dans ta liste, il est disponible, en revanche, rien de concret pour les projets futurs, mais bon, DISABLED et SHUD ne sont pas encore sortis, et il reste encore pas mal de boulot! Ca devrait sortir dans le courant de l’été. Si c’est si dur de faire du Metal en France, c’est tout simplement parce que la France a toujours été un pays anti-Rock. Les gens étant des moutons, ils assimilent ce qu’on leur sert. Donc pour résumer la situation, c’est très simple : en France, dans les années 60/70, on avait les « Yéyé » (Sheila et j’en passe!) ; au même moment, en Angleterre, il y avait pink floyd, led zeppelin, black sabbath, etc… Des groupes de Rock géniaux, avec les débuts du Hard Rock et du Heavy Metal! Et tu vois, ça vaut encore aujourd’hui : en France, il y a une « culture » (effrayant!) de la variété, une glorification de toute cette merde, c’est devenu « normal » et si tu t’écartes de ce chemin, tu es un marginal, et on met toujours des bâtons dans les roues même aux petits groupes. Attention, je ne dis pas regretter qu’il n’y ait pas de Metal à la télé ou ce genre de choses hein, je m’en contrefous! Mais au moins, si c’était plus facile de faire des concerts underground en France, ce serait bien. Sauf que la France considère que le Rock et le Metal, ça n’est pas de la culture. En ce qui concerne NECROWRETCH, je pense que leur signature sur CENTURY MEDIA ne changera rien au statut de la scène française.

Regarde MERCYLESS, premier groupe français à signer chez eux pour leur 2e album de 1993… Ca leur a apporté plus de problèmes qu’autre chose d’ailleurs, et pour la petite histoire, ces enfoirés de CENTURY MEDIA ont déposé tous leurs morceaux pour leur propre compte et ils sont donc propriétaires de l’oeuvre de MERCYLESS, on a découvert ça lors de la sortie de mon double CD car j’ai dû payer des droits d’auteur, le tout étant allé dans les fouilles dudit label. Le groupe n’était même pas au courant, ils ont été aussi surpris que moi… Je ne veux pas faire peur à NECROWRETCH hehe, c’était il y a 20 ans, donc j’espère que leurs méthodes ont changé, mais personnellement, ça ne me fait pas rêver du tout, au contraire, je déteste ce genre de labels, personnellement je préfère crever que de signer là-dessus. Quelque part, je respecte le fait qu’ils misent sur un jeune groupe car il y a une part de prise de risque (citons également les excellents SONNE ADAM d’Israël), mais bon au final ça reste du business pur et dur. Ne nous voilons pas la face, ce genre de Death Metal est revenu à la mode à mort, et CENTURY MEDIA veut juste surfer sur la vague, ça ne remet pas en cause la qualité de la musique de NECROWRETCH, mais ils ne se sont pas fait signer pour les mêmes raisons que quand l’excellent label underground DETEST Records les a signé, par exemple. Quand je signe un groupe, je me fous pas mal que ça vende ou pas, même si bien sûr, je ne crache pas dans la soupe et c’est tant mieux si ça cartonne, mais avant tout, c’est me faire plaisir et soutenir l’underground qui m’importe. Les labels que j’apprécie le plus sont des labels tels que HELLS HEADBANGERS, IRON BONEHEAD, NECROMANCER… Ils ont pris de l’importance dans l’underground, sans devenir des usines à gaz. Tu peux avoir des rapports de passionnés avec eux, ce n’est pas un univers inaccessible.

Tu es basé dans le Poitou, et on sent que cette terre te tient à coeur. D’ailleurs tu as une catégorie Pictavia dans ta distro. Qu’est-ce qui te fascine tant dans cette région? Il semble y avoir quelques groupes intéressants dans ce coin, mais malheureusement les possibilités de faire vivre la scène local avec des concerts semblent assez minimes. Ca ne t’a jamais tenté d’organiser des concerts?

En effet, j’ai une passion pour le Poitou (entre Loire et Gironde). Il y a une culture, une langue, une histoire qui lui sont propres, et pourtant méconnues. Ca fait partie de mon identité. Au niveau du Metal, ici il y a de bons groupes, qui galèrent pas mal et j’ai voulu changer cette situation grâce à mon label. Côté concerts, c’est l’horreur car personne ne veut de Metal, à part quelques petits bars. Je n’ai rien contre et j’aime jouer dans cette ambiance, mais il n’y a vraiment qu’un lieu qui ressemble à une salle de concert dans toute la région et qui soit d’accord pour accueillir des groupes locaux et underground en général (situé à Bressuire). Organiser des concerts, c’est une activité bien différente de la mienne et je n’ai pas le temps pour ça. De plus, une organisation s’est créée l’an dernier ici, ANTHEMS OF STEEL, et ils ont déjà fait de bons petits concerts, je les aide autant que je peux notamment en leur proposant des plans de groupes qui font une tournée, histoire de récupérer une date dans le Poitou. C’est comme ça que MANZER a pu jouer avec GRAVE DESECRATOR (Brésil) et WAR-HEAD (Croatie), une date historique dans la région! Pourvu que ça dure… Mais je suis sceptique, même à l’échelle française, la situation n’est pas bonne. Le HELLFEST et les gens qui soutiennent ce festival bec et ongles est l’une des raisons qui font que les petits concerts disparaissent. On entend tout le monde dire « ouais mais tu sais, j’économise de l’argent pour le HELLFEST alors je n’irai pas à ton petit concert »… C’est même arrivé à Laurent d’EMANES METAL qui organise le (toujours) sublime festival LONG LIVE METAL… Ca fout les boules! Mais c’est tabou de dire ça, je vais encore me faire lyncher comme à chaque fois que je parle du HELLFEST hehe, sauf qu’il faut bien comprendre que le Metal n’est pas une « grande famille », il y a le mainstream et l’underground, et un gouffre les sépare, je ne suis pas tolérant, pas ouvert d’esprit, et je l’assume totalement. De nos jours, le Metal est devenu un style normal, pour monsieur tout-le-monde, un produit que l’on consomme, un simple prétexte pour fêtards… Désolant. Un jour, à un concert, un musicien d’un autre groupe m’a dit : « mais c’est bizarre que ce soit si dur de faire des petits concerts, car le HELLFEST permet de populariser le Metal », alors déjà, le Metal ce n’est pas de la Pop, bordel de merde, et ensuite c’est exactement l’effet inverse qui se passe, tout le monde se concentre sur ce fest très coûteux et terminé les concerts underground… De toute façon je n’ai pas à me justifier, c’est un constat flagrant que je fais, en tant que label mais aussi et surtout en tant que membre d’un groupe qui aime faire des concerts et qui s’aperçoit bien de la situation de plus en plus catastrophique de ce pays en la matière. Attention, j’ai des potes qui vont au HELLFEST, car il y a toujours 2 ou 3 bons groupes, pas de souci, chacun fait ce qu’il veut, mais le constat de transformation du Metal en produit de grande consommation est sans appel, un peu comme l’hégémonie des supermarchés face aux petits commerces hehehe… Et ce n’est pas moi qui changerait ça, ce n’est même pas mon but, finalement, moi je suis dans mon monde, et c’est l’underground. Enfin bon, heureusement il reste quelques orgas 100% underground dans ce pays, avec des gens qui se bougent le cul pour aller à ces concerts, dont certains qui n’hésitent pas à traverser tout le pays régulièrement (je pense notamment à mes camarades des Pyrénées, all hails!). Et j’espère que dans le Poitou, il y aura plus de bons petits concerts underground. Mais pour revenir à ta dernière question, organiser des concerts de nos jours, s’il fallait résumer en un seul mot, c’est : décourageant… Je laisse donc les gens sérieux qui ont la motivation et le courage de se lancer là-dedans faire leur travail, respect!

Tu joues et a joué dans pas mal de formations depuis des années, et tu peux tout aussi bien chanter, que jouer de la batterie, de la guitare ou de la basse, voire des instruments médiévaux. Peux-tu nous présenter les divers groupes das lesquels tu as été actif, et nous dire l’expérience que tu en as retirée à chaque fois. Ca doit commencer à te faire chier qu’on assimile ton activité musicale qu’à ton investissement dans les débuts de deathspell omega, alors que tu as rompu idéologiquement avec le groupe depuis déjà longtemps, et que tu as continué sans relâche à jouer dans d’autres formations tout aussi valables depuis des années…

Alors juste pour rectifier, je ne sais pas jouer correctement de guitare hehe, mais c’est vrai pour le reste, encore que j’ai tout appris tout seul d’oreille et je ne me considère pas du tout comme un musicien. Bon c’est parti pour le CV! Mon premier véritable groupe fut HIRILORN de 1994 à 1999 (chant/basse/paroles). Je me souviens de cette expérience avec beaucoup de nostalgie, c’était mon premier groupe sérieux et j’ai appris énormément à tous les niveaux. J’ai participé à la création de DEATHSPELL OMEGA en 1998, projet que j’ai quitté en 2002 (chant/batterie/majorité des paroles). J’ai alors créé ARPHAXAT (batterie/basse) la même année. Un groupe sans guitare justement, car ni moi ni le chanteur (c’est un duo) ne maîtrisons cet instrument et nous avons eu l’idée de ce projet de Black Metal primitif. Puis j’ai rejoint ANNTHENNATH début 2008 (chant/paroles). C’est du Black Metal inspiré du style Européen du début des années 90. Il y a une froideur et une violence dans la musique qui m’ont tout de suite attiré. Mon groupe principal à l’heure actuelle est MANZER (chant/batterie/paroles), créé en 2008. Avec cette formation, on a voulu revenir aux racines du Black Metal, lassés du cirque qu’il y a autour de nos jours. Nos influences sont venom, SABBAT, motorhead, iron maiden, la NWOBHM, bathory, JAN DO FIAO, ABIGAIL, KILLERS, ATOMIZER, NME, BULLDOZER, impaled nazarene… Mes autres groupes sont « studio », alors que MANZER fait des concerts, et c’est important pour nous. On répète toutes les semaines, on s’investit beaucoup! Pour revenir à DEATHSPELL OMEGA, c’est sûr que c’est lassant car comme le groupe cartonne depuis quelques années (surtout après que j’en sois parti, il faut bien le dire), dès qu’on prononce ce mot, ça en fait frétiller plus d’un dans le slibard, sauf que je m’en fous et j’ai honte d’être assimilé à un groupe qui joue du Post-HardCore chrétien de hipsters depuis pas mal d’albums désormais. Je suis toujours fier de ma participation aux débuts, que le groupe lui-même renie (sauf pour les ré-éditer et en vendre même en grande distribution). Mais au final, c’est vrai que je ne fais plus partie du groupe depuis 10 ans désormais, chacun a eu une trajectoire qui lui est propre. Je ne rechigne pas à parler de l’époque où j’officiais toujours dans le groupe, mais ça s’arrête là puisque justement, je déteste leur musique avant-gardiste prétentieuse et leur concept (du moins leur « religion » et leur concept pseudo-intellectuel de bobos genre « je lis trop de livres compliqués », j’en lis aussi sauf que je ne vis pas à travers eux…). En 10 ans, j’ai accompli pas mal de choses et j’en suis très fier. Recentrons les choses sur le METAL. Et les groupes comme DEATHSPELL OMEGA chient ouvertement sur le Metal, à qui ils ont pourtant tout volé, pour finalement en faire une sorte d’abomination commerciale. Que veux-tu, ce pseudo-mystère en fait bander pas mal, tels des ados transis, alors qu’en plus, il n’y a même pas de mystère… Comme quoi parfois, pour être « culte », il suffit de rester chez soi, ne jamais faire ni aller à des concerts, ne jamais répondre aux interviews, citer la bible, et insulter le Metal et les métalleux… Facile! Avec MANZER, on est exactement à l’opposé, c’est totalement rétrograde, et ce n’est pas péjoratif pour nous. Non pas qu’on ne vit que dans le passé, évidemment, mais il y a des racines qu’il ne faut pas oublier, et on emmerde ceux qui les piétiennent et les insultent chaque jour. De toute façon, on s’adresse à ceux qui aiment le bon vieux Metal, point barre. C’est vrai que c’est dommage de devoir se justifer toujours et encore sur tout ça, ça ressemble aux journeaux « people » hehe, mais s’il y avait moins de trends pareilles, ça n’arriverait pas.

Comme tu es désormais assez connu de par ton activité avec Legion of Death records, est-ce que ça a incité plus de groupes provenant des 4 coins du monde à te contacter pour bosser avec toi? Comme tu es assez large dans tes goûts, tu peux autant signer des groupes de doom, que de heavy, ou même de death et de black metal. C’est quoi l’élément déclancheur de ta signature d’un groupe? Tiens pour finir, j’aimerais bien que tu nous renseigne un peu sur ton actualité, avant qu’on ne se retrouve dans quelques temps pour que tu nous présentes les scènes Metal si méconnue en provenance de pays lointains dans lesquels on ne s’attend pas forcément à trouver des métalleux. A bientôt mec!

Bien sûr, je reçois des mails de groupes qui veulent signer sur LEGION OF DEATH plusieurs fois par jour. Quelque part c’est valorisant, mais d’un autre côté, il y a Internet hehe, et la majorité des groupes écrivent parce qu’ils ont vu mon e-mail quelque part et ne connaissent pas le concept du label. Certains groupes se feraient signer par des labels de bal-musette, ça ne les dérangerait même pas, tant qu’ils se font signer. Mais d’autres ont des demandes justifiées. Sauf qu’il faut faire le tri! Pas toujours évident. L’underground bouillonne encore d’excellents groupes. Tout d’abord, il faut que la musique me colle au mur. Ensuite, il faut que le concept me semble excellent. J’aime notamment beaucoup les groupes influencés par leur culture, celle de leur région, de leur pays… Ca donne de l’identité.

Je discute toujours beaucoup avec un groupe avant de finaliser le projet, c’est important de partager des idées et des goûts. Sinon, tant pis. Je ne fais pas partie de ces labels qui signent un groupe juste parce que la musique est « cool ». Ca va bien au-delà de ça. Côté actualité, mes prochaines sorties seront MASTER OF CRUELTY 7″EP (Paraguay, Death/Thrash Metal), ANGMAR CD (Normandie, Black Metal), ACARUS SARCOPT Double CD (Poitou-Charentes, Black Metal), VALE OF AMONITION 7″EP (Ouganda, Heavy/Doom Metal), les double CD’s susnommés de DISABLED et SHUD, etc… Toutes les infos sur mon site! Merci à toi pour le soutien, au plaisir de se reboire une cervoise ensemble! Mes coordonnées (surtout ne pas hésiter à m’envoyer un mail pour toute question) :

LEGION OF DEATH / ARMEE DE LA MORT Records :www.legionofdeathrecords.com

Snail Mail : LOD Records / BP 21 / 86210 Bonneuil-Matours / France.

MANZER Pictavian Black Metal : www.manzer.fr

E-mail : shaxul@orange.fr


Invictus Productions et Into The Void Records… Une autre Irlande.

Featured

L’irlande abrite une bien active et souterraine créature bicéphale: Invictus Productions et Into The Void Records, dont le coeur très actif se nomme Darragh O’Leary et nous livre ici quelques secrets…

Great product!!! Best I have found in several years taking medicines. Buy levitra online! Many rogue pharmacies are happy to bypass a doctor’s prescription in order to win your business.

-Salut Darragh. On connaît l’Irlande pour sa musique folk et rock, sa bière et ses paysages. Mais alors quand il s’agit de nommer spontanément 5 groupes irlandais de Metal, ou même des labels originaires de ce pays, ça devient une autre paire de manches ! Tu as créé Invictus Productions en 1999. Pourquoi et comment ? Tes buts ont-ils changé un peu plus de dix ans plus tard ?

L’Irlande a toujours été un pays à part en ce qui concerne le Metal. On n’a jamais eu les mêmes « scènes » qui ont émergées dans d’autres pays. Dans les années 80, il y avait des groupes de heavy metal, quelques groupes de thrash plutôt conventionnels, qui pour certains ont été populaires au niveau local. Mais on n’a jamais eu notre vader, tormentor, rotting christ ou asphyx national, même au niveau des démos.

En fait, j’ai grandi avec une scène qui a produit beaucoup de démos en 1993, dont celle de primordial. Ca a marqué le début d’une véritable scène underground en Irlande. Evidemment, avec le temps, la plupart des activistes de l’époque ont disparu de la scène, mais leur investissement d’il y a 20 ans a été essentiel à la création du mouvement que nous faisons vivre aujourd’hui. Avant notre génération, les hardos n’avaient pas de visée prétendant sortir notre musique des pubs, des soirées entre potes ou desconcerts locaux. Au final, pas mal ont coupé leurs tifs, se sont casés, et ontvendus leurs collections de disques. C’est une chose que j’aie vue se répéter à
l’infini depuis que je me suis intéressé à l’underground. Les gens ont bousillé dans l’œuf leur potentiel. C’est vraiment un des aspects les plus caractéristiques de la scène en Irlande.

A la fin des années 90, lorsque j’ai démarré le label, j’ai vu ça comme la continuation logique de ma passion pour l’underground, qui avait commencé avec le tape trading (échange de cassettes copiées avec des tonnes de démos de groupes obscurs – ndr) au début des années 90, et puis ma participation à différents fanzines un peu plus tard. J’avais aucune idée de ce que ça pouvait signifier que de lancer mon propre label. En plus je venais d’Irlande, où rien de comparable n’existait à ce moment là ! Je me suis lancé avec toute la naïveté du monde en 1999. C’était une époque bizarre dans notre pays, mais petit à petit ça commençait à bouger. Primordial s’est fait signer par un label étranger, et ça les a amenés à jouer un peu sur le continent. Emerald Promotions commençait tout juste à faire venir les groupes en tournée ici en Irlande. Ca a été un truc assez important ! C’est au même moment que Simon, alors bassiste de deströyer 666 (désormais dans assaulter avec Steve Hugues de slaughter lord) a emménagé à Dublin. Tout ça combiné a soudain rendu le Metal underground plus intéressant pour les branleurs que nous étions. On passait notre temps à écouter de la zique en boucle en disant des conneries, et surtout en rêvant de « faire des trucs » liés au Metal.

Voilà, c’était la genèse du label et de son environnement. Les buts ont changé avec les années, tout comme mon attitude vis-à-vis de pas mal de choses. Mais c’est naturel quand on prend de l’âge, je pense. J’ai eu la chance (enfin, libre à nous de se créer sa propre chance) de bosser avec des groupes et des gens excellents. Ca n’a pas toujours été facile, mais j’en retire une grande fierté. 13 ans de label, et je m’éclate encore à le faire !

-Tu sors pas mal de Metal qui lorgne vers les styles les plus extrêmes avec une attitude très sérieuse. Dans les années 90, ça n’était pas aussi populaire qu’aujourd’hui. Considères-tu que Invictus Productions a aidé cette scène désormais portée par negative plane, gospel of the horns witchrist ou diocletian à s’établir au fur et à mesure ? Ces 3 dernières années, tous ces groupes ont vu leur popularité grandir de manière assez sensible.

Depuis toujours j’aime le côté le plus extrême du black et du death metal. J’aime aussi pas mal d’autres styles, ainsi que des trucs qui ne sont pas Metal, mais je dirais que 90% de ce que j’écoute est quand même lié au Metal. Les groupes dont tu parles sont au top en ce moment au niveau de l’underground, du coup on peut les considérer comme des leaders dans une certaine mesure. Cela dit, je ne pense pas qu’Invictus ait « aidé » cette scène. Je pense que ça a plutôt été le rôle d’autres labels. Il y a de vrais meneurs dans la scène qui dictent assez facilement comment les choses doivent être faites dans l’underground. Mais en fait c’est juste comparable à ce que font les plus gros labels, simplement au niveau d’un microcosme… Intéressant paradoxe en soi !

L’Irlande est une petite île, dotée d’une population de métalleux encore plus petite. Evidemment, quand metallica joue ici, 20000 personnes se déplacent, mais ça ne reflète en rien comment les choses se passent réellement. La population de métalleux actifs, qui achètent et se bougent  est minuscule. Du coup on n’a pas d’autre choix que de se tourner vers le marché étranger si on veut survivre. Invictus continuera sur sa lancée, quoiqu’il arrive !

-Certains groupes de black metal ont tendance à s’orienter vers des sonorités progressives, à mélanger des thèmes appartenant au rock occulte à des harmonies bizarres et à des sons crades. Vois-tu un renouveau du Metal extrême au travers de ces groupes ? Tu suis l’underground depuis des années, du coup j’aimerais savoir quels sont tes critères de vieux loup de mer quand il s’agit de signer un groupe sur ton label. Te vois-tu comme un passeur de flambeau assurant un certain avenir de la musique extrême ?

Il y a pas mal de cynisme dans l’underground. Des groupes qui commencent à gagner en succès se font laminer par leurs fans de la première heure. Ces mêmes fans qui adorent black sabbath, iron maiden, ac/dc, twisted sister and des tas d’autres groupes qui vendent des tonnes d’albums ! On dirait que certains ont perdu leur sens de l’ironie ! Le Metal passe par plusieurs phases en termes de ce qui l’influence conceptuellement. Et souvent, quand certains groupes deviennent populaires, d’autres les chambrent en les traitant de vendus. C’est ridicule mais ça ne date pas d’hier, que ça vienne
des groupes ou des fans…

En ce qui concerne un prétendu renouveau, je ne sais pas. Je ne pense pas que des styles comme le death, le black, le thrash, le doom et le black Metal puissent être totalement renouvelés, et ce n’est vraiment pas le but. Jouer de la musique de qualité, c’est tout ce qui compte. De toute façon, ces différents styles évoluent tellement en ce moment en incorporant beaucoup d’éléments différents. Par exemple, dead congregation et dying fetus sont tous les deux des groupes de death metal, et pourtant ils sont diamétralement opposés. Ils auront donc leurs fans respectifs qui se mélangeront très peu au final.

Mon seul et unique critère lorsque je signe un groupe, c’est que j’aime sa musique et que je prenne plaisir à l’écouter pour moi-même. Evidemment il arrive que mon enthousiasme à l’écoute d’une démo ou d’une répète d’un groupe soit un peu déçu par ce qui vient ensuite. Mais peu importe, du moment que je ressens quelque chose. Il faut que ça m’interpelle quelque part. Les goûts sont évidemment subjectifs, et je comprends que des gens n’apprécient pas mes sorties autant que moi, mais c’est leur problème, pas le mien. Et bien sur, je préfère certaines de mes sorties à d’autres, mais c’est normal.

Je ne me considère pas comme un passeur de flambeau, non. Je me vois d’abord et avant tout comme un fan. C’est clair qu’après 13 ans de bons et loyaux services avec le label, c’est cool de voir que j’ai eu un peu d’importance et d’impact, même si ça reste très minime et confidentiel.

-A côté du label, tu as ouvert Into The Void Records un magasin de disques spécialisé dans le Metal avec un collectif de personnes, de groupes, d’organisateurs de concerts. Pourrais-tu nous en dire plus à ce sujet ? Vous organisez aussi des concerts unplugged avec des groupes de Metal extrême…

Into The Void Records est probablement le petit truc le plus cool qui soit arrivé dans l’Histoire du rock en Irlande, toutes scènes confondues. A part deux gars plus jeunes, on a tous fait nos armes dans l’underground irlandais depuis la fin des années 80, et on a tous été actifs avec nos projets personnels depuis des années. Une fois que la boutique de Sentinel Records a fermé en juin 2010, on a tous ressenti un vide. La même année, Rob de vomitor a déménagé de manière permanente en Irlande, et s’est lancé à plein temps dans le tatouage. Du coup on a eu l’idée de lancer une boutique mélangeant la musique et le tatouage, et ça a fini par se faire.

On a un petit magasin sympa dans le centre de Dublin, et dans la cave on peut organiser de petits concerts avec peu de public. Par exemple on a eu Patrick Walker (ex warning, 40 watts sun), Kimi Kärki (ex reverend bizarre, lord vicar), the Ra Al Dee Experience (formé avec des membres de necros christos), et aussi des groupes locaux comme fern floor, woven skull, bloody kisses (groupe reprenant du type o negative), etc. La boutique est faite pour les métalleux, les punks, les fans de rock. Tout le monde peut venir passer un bon moment, et puis on a déjà organisé des soirées sympatoches depuis à peine un an d’activité. Les temps sont durs economiquement en Irlande en ce
moment, et ouvrir un magasin de disques à une époque où le concept est en train
de crever, c’était plutôt couillu. Mais nous l’avons fait pour nous, et on verra bien comment ça tient la route.

-The dubliners, thin lizzy, the chieftains, Rory Gallagher ont œuvré dans le monde entier pour la reconnaissance de la musique made in Ireland. Mais en ce qui concerne les artistes d’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’aucun ne bénéficie de la reconnaissance que ces prédécesseurs ont eue et bien méritée. Quels sont les groupes irlandais qu’on devrait surveiller de plus prêt d’après toi ? Vous recevez du soutien de la part des medias irlandais avec la boutique, le label ?

Depuis les années 90, l’Irlande est dominée par la pop de merde. L’Histoire du rock de ce pays est toujours restée un peu à la marge, et je ne parle même pas du Metal,  qui est complètement ignoré. Du coup il y a forcément un côté underground qui a prédominé. A mon avis, aucun groupe actuel ne recevra autant de reconnaissance que les groupes que tu as cités. Mais ça n’empêche pas qu’il y ait encore de la bonne musique composée chez nous.

Pour le rock, je recommande wizards of firetop mountain. Ca démonte dans le genre hard rock 70’s avec une touche de doom. Ca pète en concert, c’est bien énergique.

Brains est un autre bon groupe. Ils sont un peu plus variés, dans la lignée de Roky Erickson.

En plus extrême zom est aussi très bon et a pris l’underground par surprise avec son death metal bien cradingue.

A mon avis ce sont les 3 groupes irlandais actuels qui valent le coup.

Les medias irlandais généralistes se sont intéressés à notre boutique Into The Void Records quand on l’a ouverte. C’est normal, on montre quelque chose de cool, de positif dans un pays en crise qui s’est baisé lui-même la gueule économiquement. En dehors de ce côté « histoire sympa » à mettre en avant, les medias se foutent un peu d’en savoir plus sur nos activités. Mais bon de temps en temps ils font un papier sur nous. Ca n’a pas vraiment eu d’impact sur notre popularité. On s’y attendait de toute façon, vu que les métalleux plus orientés vers le mainstream ne suivent pas cette musique de manière aussi pointue que nous, qui sommes tombés dans la marmite depuis des lustres.

-Avant de te quitter, je voulais que tu nous parles un peu de ton actualité avec Invictus Productions et Into The Void Records (albums, concerts). A plus et santé l’ami !

Santé Nathaniel ! Merci pour cette interview. Pour le moment, j’attends que les albums de reveal ‘Nocturne of Eyes and Teeth’ et d’occultation ‘Three and Seven’ arrivent de l’usine de pressage.

Ensuite il y aura le nouveau mini album de gospel of the horns ‘ceremonial conjuration’ normalement en été. Et puis aussi l’album de chapel ‘satan’s rock’n’roll’. Plus tard dans l’année je prévois de sortir le troisième album de vomitor ‘the escalation’, ainsi que celui de slutvomit ‘swarming darkness’. J’ai d’autres projets en cours, mais encore trop incertains pour être confirmés maintenant.

On a aussi des concerts prévus avec des groupes locaux dans la cave de la boutique d’Into The Void Records, et nous ferons très certainement quelque chose de spécial à l’occasion du festival de doom Dublin Doom Days en septembre

http://invictusproductions.net/

http://intothevoidrecords.com/

 

 

EMANES METAL records. Longue vie au Metal.

Featured

Voilà un petit label qui sait, petit à petit, s’imposer comme un des incontournables du Metal traditionnel en France. A l’image de Laurent, qui est derrière cette aventure, Emanes Metal records transpire la sincérité et la passion. Mais laissons la parole à ce bon vieux baroudeur du monde enchanté du vinyle et du CD en ces temps terribles de conquête de supports dématérialisés…

My wife and I have nothing but praise for this product. Buy cheap cialis! There are a lot of legitimate mail-order pharmacies in this country.

Salut Laurent, depuis qu’emanes metal records a été créé le 6/6/2006 (petit adorateur du démon va !) les choses ont pas mal bougé. A l’origine tu es un simple fan, avec une impressionnante collection de vinyles, qui a commencé à vendre des disques aux concerts, surtout dans le Nord de la France. Qu’est-ce qui t’a décidé à franchir le cap et à démarrer un label ? Et à ce jour quels sont pour toi les choses qui ont le plus changé depuis tes débuts ? L’équipe s’est-elle agrandie, restructurée avec le temps ?

Salut Nathaniel,comment vas-tu ? (bien mec, j’écoute les démos d’Yves Duteil en boucle, ça grovve sa mère!-ndr) tout d’abord merci pour me donner l’opportunité de parler du label pour eblastshop.

Ouais simple fan depuis toujours,en 98 je commence à racheter du vinyl pour augmenter ma propre collec et donc aussi revendre les doublons…donc vente sur foires aux disques d’abord et petit à petit sur concerts locaux où l’on s’est rencontré la 1ere fois(comme c’est émouvant ce souvenir)…bref le passage au label proprement dit n’est pas du tout prémidité. En fait,mes potes de LORD avaient sorti leur 2eme album en CD chez WEIRD TRUTH productions (JAP) et je leur ai proposé de le sortir en vinyle tout simplement.Du coup on s’est pris au jeu et ça a continué pour ne plus
s’arréter…ce qui a le plus changé ce sont les responsabilités envers le label et donc le travail de plus en plus important au fur et à mesure que le label évolue .Au départ EmanesMETAL records c’est moi et Nathalie et maintenant au bout de 7 ans c’est toujours moi et Nathalie ainsi que Lolo…on est passée par des phases avec jusque 6 personnes mais pfff il a fallu reserrer les rangs car le plus difficile est de trouver des gens motivés et constants car n’oublions pas qu’il s’agit de bénévolat.

Comme tu es basé à Roubaix, on peut voir que tu sors des groupes locaux comme lord,
surpuissance, children of doom, infinite translation et des groupes français comme hürlement, résistance, the bottle doom lazy band, rising dust, adx, lonewolf, gang, wolf’s gang. Pourtant tu as bien vite eu envie de t’ouvrir à l’international. Tu es présent assez régulièrement en Belgique, en Allemagne avec ton stand emanes metal. Les graines plantées ont-elles porté leur fruit. As-tu gagné en reconnaissance au niveau international, et reçois tu de plus en plus de promo de groupes et de labels étrangers intéressés par emanes metal ?

Oui je suis basé dans le nord de la France mais je n’ai jamais eu de limites au niveau des groupes,bien sûr au départ ayant beaucoup de contacts avec la scène locale il est logique que les 1eres sorties viennent de là et encore pas vraiment car dés notre
seconde sortie en 2007,nous avions jeté notre dévolu sur THE BOTTLE DOOM LAZY
BAND qui est basé à Poitiers.Dés 2008 nous sortions un groupe étranger avec
THRUSTOR qui est de Chicago.Je me déplace le plus possible sur les concerts et
festivals underground avec le stand Emanes pour soutenir « mes groupes » mais aussi pour faire tourner le merch/distro car c’est avec le web shop les seules rentrées d’argent pour Emanes et donc ce qui finance à 100% les prochaines sorties …je me déplace en Europe Belgique,Allemagne mais aussi Hollande, Danemark, Finlande, Grèce…oui ça commence à porter ses fruits au bout de toutes ces années,Emanes est maintenant bien connu dans l’underground aussi bien au niveau des groupes qui parlent je pense beaucoup entre eux,ainsi que des professionnels labels,orga festivals etc…

Tu es aussi investi dans l’organisation de concerts sur Lille, et notamment d’un festival : le Long Live Metal. Peux-tu nous présenter ton activité passée et future concernant les concerts ? Il semble que faire bouger le public en présentant du metal plutôt traditionnel n’est pas une mince affaire. Comment s’est passé le rapprochement avec l’asso metal attakk pour l’organisation des futurs concerts ?

Au niveau des organisations de concerts ça a commencé en 2007 avec la 1ere édition du LONG LIVE METAL !!! festival avec notamment NECRODEATH et ADX,on a plus arrêté et de plus en plus jusqu’en 2010 (LLM4),ou j’ai bien failli jeter l’éponge car j’étais cramé aussi bien psychiquement que financièrement.Je ne rentre pas dans les détails
financiers car on me traiterait de taré mais bon faire jouer des groupes comme
HIRAX, BLASPHEME, MANILLA ROAD , VULCAIN, SAVAGE GRACE, OMEN, etc n’est pas gratuit et quand le public est trop peu présent  ben on fini par se ramasser…J’ai décidé à ce moment que Emanes s’autogererait 100%,du coup moins de concerts…il a fallu choisir entre le label et les orgas,j’ai choisit de me concentrer sur le label qui de toute façon pour évoluer avait besoin que j’y passe plus de temps …on arrive donc à nos potes de METAL ATTAKK que j’ai approché car nous faisions en gros la même chose sur la région,nous avons joint nos forces,on est 5 dans EMANES METAL ATTAKK et ça me soulage beaucoup et du coup plus de temps pour Emanes…on a commencé en mars par METAL ORGIE 3 avec comme d’hab que des groupes locaux puis en avril (demain) c’est BLIZZARD/FINGERNAILS/MASS GRAVE et en mai le Long Live Metal 6…


Ces derniers temps le metal traditionnel, et la tendance old school ont pris du galon. Un
label comme le tien arrive-t-il à surfer sur la vague ? Vois-tu une scène en expansion ou alors plutôt en déclin d’ici les 5 prochaines années ?

Depuis 2003/2004 il y a un certain retour aux valeurs du METAL principalement grâce
aux festivals allemands comme le Keep It True et le Headbangers Open Air au départ…ça s’est accentué je dirais vers 2007 avec la vague suédoise des PORTRAIT, ENFORCER, IN SOLITUDE, RAM etc…je ne surfe sur rien du tout car depuis 2006 je fais mon truc,c’est à dire sortir ce que j’aime entre le Heavy ,le Thrash,le Doom mais bon cette scène est réelle mais quand même très petite,tout le monde se connait ou presque…l’avenir je ne sais pas mais de toute façon je continuerais à faire ce que j’ai toujours fait…ce que j’aime.

Tu t’astreins à un rythme très régulier puisque tu assures en moyenne une à deux sorties par mois sur ton label. Tu es aussi très attaché au vinyle. D’ailleurs tu as
collaboré avec d’autres labels pour coproduire la sortie de plusieurs albums
dans ce format. Continueras-tu dans ce sens ? Comment vois-tu l’avenir du
format CD ?

10 sorties par an maintenant depuis  fin 2010 partagées entre CD et LP…je propose
à d’autres des coprod pour les 7 inch systématiquement car c’est cher à produire et parfois sur des LP…j’ai ainsi pu collaborer avec UNDER SIEGE, PYRENEAN METAL et ARMEE DE LA MORT en France, avec METAL ON METAL et JOLLY ROGER en Italie, DYING VICTIMS en Allemagne, METAL WARNING en Finlande et EAT METAL en Grèce.Je pense continuer dans ce sens au coup par coup par contre j’espère me concentrer plus sur les groupes du label et ne plus me disperser par des coprod sur des  groupes non-Emanes mais parfois je craque (cf ce mois ci JUMALATION en LP,Pure Raging Thrash Metal !!! Je pense que le CD comme le LP continuera à vivoter comme ça pour les gens qui voudront toujours de la musique physique…mais c’est sûr
qu’il est de plus en plus dur aujourdhui de vendre un CD ou un LP…on ressent
aussi le fait que les gens en général manquent d’argent…en plus du téléchargement sans doute…

Comme tu es plongé dedans, que penses-tu de la scène française en ce moment ? Les
groupes, les labels, les festivals avec lesquels tu te sens des affinités. Peux-tu nous les présenter ?

Je trouve que la scène française est très active au niveau des groupes et très bonne qualitativement,le problème,je me répète c’est le public qui est aux abonnés absents,un exemple,nous avons fait jouer en octobre à Lille un nouveau groupe belge prometteur,ils m’ont dit que les deux seules dates n’ayant pas marchées pour eux furent leur deux dates françaises (l’autre étant en Lorraine)…trop de groupes à citer mais aussi bien en Heavy qu’en Doom ou Thrash / Death il y a de quoi s’éclater…au niveau des labels je connais bien UNDER SIEGE, PYRENEAN METAL, LEGION OF
DEATH, INFERNO, BRENNUS et on a de bons contacts dans l’ensemble,au niveau des festivals il n’y a pas grand-chose qui me branche en France,c’est plutôt des concerts ponctuels…pour en revenir à ce que je disais avant,je pense que lors d’un concert en club par exemple,tu enlèves les pratiquants du METAL c’est à dire les autres musiciens,gens des orga,gens des labels,gens des radio/zine/web zine….ben fait le compte je t’assure qu’il n’y aura plus grand monde…c’est triste mais c’est mon constat donc c’est forcement difficile pour tout le monde dans ce contexte…Hey  attention je ne suis pas aigri,c’est juste triste…

A quoi ressembleront les prochaines sorties du label ? Des projets de concerts ?

Alors là en mai on sort la version LP de STORMHUNTER « Crime And Punishment »,en juin le CD du nouveau THRUSTOR « Abysmal Fear » ensuite on reprend en septembre avec le tribute vinyle à king diamond et mercyful fate,octobre le nouveau OMISSION (nouvelle signature emanes) putain de Satanic Speed Metal (nous les avions invités à jouer au LLM4 et pour moi ils furent le meilleur groupe de tout le festival,c’était en 2010).Novembre la version vinyle du formidable DOOMED BE DOOMED OR FUCK OFF de CHILDREN OF DOOM . Décembre à confirmer mais sans doute l’album de SIN STARLETT autre nouvelle signature,superbe Heavy Metal /NWOBHM style venant de Suisse.

Concert Long Live Metal 6 à Valenciennes(péniche Igel Rock) cette année avec
WARHAMMER,DELIRIUM TREMENS,GAE BOLGA,THE BOTTLE DOOM LAZY
BAND,CAUCHEMAR,SURPUISSANCE.

Je tiens à signaler que l’on a encore 2/3 groupes sur le feu et dans le collimateur…après je ne signe plus aucun nouveau groupe jusqu’à nouvel ordre car il faut se concentrer sur tous les groupes que l’on a déjà ,les aider à évoluer du mieux que l’on peut par notre promotion ect,en tous cas c’est mon but.

Merci Nathaniel pour ces questions très intéressantes,j’espère ne pas avoir été trop long et chiant ! Le plus important :si vous voulez aider la scène déplacez
vous aux concerts,achetez de temps en temps un CD,un LP ou le Tee-Shirt du groupe que vous venez d’apprécier en LIVE.

Et si vous voulez aider Emanes allez faire un tour sur le site et webshop :

www.emanesmetalrecords.com

MERCI!!!

METAL!!!

Laurent

Authentic Metal Worship.

Desaster: Luxe, thrash et volupté!

Featured

 

Last week I have tried this medicine and would like to recommend you. Cheapest cymbalta 20 mg? This website provides highest quality generic medicines, which are shipped directly from India.

Desaster est un de ces groupes dont on sait toujours à quoi s’attendre, mais qui arrive tout de même à maintenir le niveau album après album. Ca tombe bien, un nouveau parpaing vient de nous arriver dans la tronche, et il s’appelle The arts of destruction. Tormentor, l’affable buveur de bière, et accessoirement moissoneuse batteuse du groupe, nous a répondu avec une finesse toute germanique.

Depuis 3 albums, Desaster est signé chez Metal Blade
records, et le dernier en date The arts of destruction vient
juste de sortir. Vous avez bossé avec pas mal de labels depuis le début de
votre carrière il y a un peu plus de 20 ans. Comment ça se passe avec une
maison de disque aussi importante ? Et comme ça, à chaud, vous avez eu
quelles réactions pour cette dernière galette ?

Tormentor : Salut vieux fan d’asphyx !  Ouais, on a bossé avec quelques labels en 23
ans de carrière, mais au final qu’est-ce qu’on s’en tape des labels ?
Perso je m’en cogne ! Les labels sont là pour sortir des produits, ni plus
ni moins. Entre nous et metal blade, la connexion est très facile. Les gens de
la succursale allemande sont très sympas et faciles à vivre. Pas de stress… Ils
savent ce qu’ils peuvent attendre d’un groupe comme Desaster, et nous savons
que nous ne sommes qu’une petite partie d’une grande entreprise. Mais ils sont
tout de même très METAL, et depuis que les Américains ont enfin compris que
cette saloperie de «metal core » est morte, le Metal devient à nouveau de
plus en plus important ! On récolte enfin ce qu’on a semé depuis toutes
ces années en gardant notre Metal authentique et malsain. Haha… Regardes les
groupes qui sortent sur Metal Blade en ce moment : Primordial, Portrait,
In Solitude, Ram, etc… Ca c’est de la bonne came !

Bien sur, Metal Blade a un réseau plus large et établi que
des labels comme Merciless records ou Iron Pegasus records avec qui on a bossé
dans le passé. C’était notre but de nous faire plus connaître, de jouer plus de
concerts en dehors d’Allemagne… Les fans doivent savoir que le bon vieux Metal
teuton n’est pas mort et qu’il peut encore botter des culs.

On a reçu de très bonnes chroniques du monde entier pour le
nouvel album. Mais au final je m’en fous un peu des chroniques. La plupart sont
écrites par des gens qui doivent les écrire pour le boulot. Je préfère le
retour des amis, des fans, des métalleux que je croise ici et là. Bon c’est sur
que c’est toujours cool de lire une chronique positive. Je pense que les gens
ont enfin compris qu’on ne peut pas attendre d’innovation, d’expérimentation ou
de nouveauté radicale avec Desaster. On est trop vieux pour changer et on joue
ce qu’on sait faire de mieux. Du putain de Metal bordel à cul !!!

 

Votre son est caractérisé par le mélange de thrash, de
black et de mélodies inspirées de la musique médiévale. Mais votre son a
justement évolué avec le temps. Pour « The arts of destruction »,
c’est Patrick Engel qui a assuré le mix et le mastering. On le connaît pour son
boulot avec des groupes comme Hellish Crossfire, Heaven Shall Burn, Katharsis,
Bloody Sign, Résistance… Pourquoi l’avoir choisi ? Vous vous étiez fixé
quoi comme challenges cette fois ci avec le son ?

T : C’est clair. On essaye de changer le petit truc qui rendra notre musique meilleure sur chaque album. Cette fois ci on a  enregistré chez notre pote au studio
Toxomusic, ici à Koblenz. Et on a choisi Monsieur Engel parce que ça faisait un
moment qu’il nous proposait de faire le mixage de notre musique. Et il a fait
un boulot de tueur ! Cette fois, on n’a pas essayé d’être directifs à
propos du son qu’on voulait obtenir. Les trois quarts du son de cet album sont
le résultat du travail de Patrick Engel. On lui a juste dit de faire un ou deux
changements mineurs ici et là. Je pense qu’il devait avoir une idée bien
définie en tête sur la manière dont Desaster doit sonner. Et il avait
raison ! Je suis fier de mon son de batterie… Je n’en ai jamais eu un
aussi bon que sur cet album !

Dans les années 80, on a vu kreator, destruction, sodom,
tankard dans un premier temps, puis darkness, protector, necronomicon ou living
death dans un deuxième temps, définir les standards du thrash et du speed à
l’allemande. De nos jours le thrash est de nouveau fort en Allemagne, mais les
nouveaux groupes ont peut-être moins d’exposition que les anciens que je viens
de citer. Dans quelles proportions penses-tu que Desaster a influencé la
nouvelle génération du thrash allemand ? Je pense à des groupes comme
nocturnal, hellish crossfire, witchburner pour les plus anciens, et cruel
force, ketzer, witching hour pour les plus récents. Considères tu desaster
comme un passeur de flambeau ? Quand vous avez démarré le groupe à la fin
des années 80, le côté « evil » commençait à disparaître du thrash
metal.

T : C’est vrai ! Quand Infernal (guitariste-ndlr) a démarré le groupe, ce style de thrash metal que nous aimons était mort. A l’exception d’infernal majesty peut-être… Quoiqu’il en soit, je ne pense pas que nous soyons importants pour la scène actuelle. On a juste fait notre boulot : fournir les fanatiques de heavy metal en gros qui tâche !

Il est impossible de copier le style des années 80, Cette décennie était trop forte, pleine de haine, d’agressivité. On envoyait tout bouler. Arrrrrgh ! De nos jours on ne peut que combiner les différents styles du passé et créer son propre style. Au milieu des années 90, la scène thrash était minuscule, mais toujours active et prête à exploser à nouveau. Ca ne fonctionne pas de dire qu’un groupe a engendré plus qu’un autre. C’était plutôt un effort commun. Par exemple, ketzer transmet très bien ce feeling. Bien qu’influencés par tous les groupes que tu as mentionnés, ils créent un truc personnel, et c’est ce qui garde la scène en vie. D’ailleurs j’adore leur nouvel album ! Mais tous les autres groupes plus récents que tu as cités sont bons, et nous sommes en contact plus ou moins rapproché avec chacun d’entre eux.

Vous êtes fidèles à vos racines et vous avez la même attitude depuis des années. Mais parfois n’avez-vous pas le sentiment de vous répéter ?

T : On s’en fout complètement ! On ne sait rien jouer d’autre et on ne veut pas jouer autre chose. De toute façon, si on en venait à changer notre style, on changerait de nom. Desaster est Desaster, il n’y a aucun doute. Un changement de style après toutes ces années serait une erreur fatale. Mais comme dit, on n’a jamais pensé à changer notre son ou notre style. Nous sommes fiers de ce qu’on a fait dans le passé, de notre parcours. Le seul valable à nos yeux.

Pourtant on peut noter quelques changements. Par exemple, vous avez travaillé avec Axel Hermann (connu pour avoir illustré quelques albums classiques d’asphyx, grave, unleashed, etc) pour la pochette du nouvel album. Pourquoi l’avoir choisi ? Vous lui avez donné des directions, ou bien laissé une totale liberté artistique ?

T : Je ne me souviens plus exactement quand nous avons rencontré Axel pour la première fois. C’était peut-être grâce à Götz, le boss de Rock Hard magazine Allemagne. Puisque je suis un gros fan d’asphyx, j’ai aussi quelques tatouages du groupe sur moi. Du coup Axel a pris des photos du motif de leur mini « crush the cenotaph » que j’ai sur l’avant-bras. J’étais salement fier. Peu à peu on est devenus potes. Une fois où nous nous trouvions à Dortmund, il nous a demandé  de peindre la pochette de notre nouvel album. Tout s’est vite enchaîné par la suite. On lui a donné le titre de l’album et on lui a dit de s’orienter vers un style à la asphyx ou morgoth des débuts, sans gore et avec une ambiance plus « médiévale ». Le résultat est à couper le souffle ! La meilleur pochette d’album qu’on n’ait jamais eue. On lui doit une fière
chandelle.

Vous tournez beaucoup pour soutenir la sortie de l’album ? Vu que vous devez tous avoir un boulot et une vie de famille, ça doit être parfois difficile. Mais bon vous avez quand même joué pas mal, et même outre Atlantique, depuis toutes ces années. Le sacrifice doit en valoir le coup. D’ailleurs vous jouez en Colombie début avril. Vous attendez quoi de cette tournée, vu que les fans d’Amérique latine sont à fond ? Vous
emmenez vos femmes avec vous ?

T : On n’est pas du genre à être sur la route à longueur de temps. Tu l’as dit, on a tous un taf et Infernal (guitariste-ndlr) a une famille. On jouera quelques concerts ici et là, mais aussi des festivals. C’est tout. En règle générale nos copines sont toujours avec nous, mais pas pour les concerts en Colombie. Les billets d’avion auraient été trop chers avec elles en plus. Et puis ça sera moins de stress, vu que ce ne sont pas
réellement des vacances. On est impatients de jouer ces 3 concerts là-bas. On y
était déjà allé en 2005. C’était énorme ! Les fans colombiens sont complètement tarés. On adore ça !

C’est vrai qu’on a pas mal bougé depuis toutes ces années. C’est cool de voir qu’il y a des fans qui se motivent pour nous faire jouer dans leur pays. Mais au final c’est toujours sur nos congés, donc on essaye de garder un côté simple, aussi éloigné du business que possible. On veut juste passer de bons moments, jouer des concerts, botter des culs et se bourrer la gueule ! haha !

Depuis la sortie de « the art of destruction », avez-vous composé de nouveaux morceaux ? Ca vous brancherait de sortir un dvd dans l’avenir ? Celui que vous aviez sorti il y a quelques années brazilian blitzkrieg blasphemies  semble avoir été distribué de manière assez confidentielle.

T��: On n’a pas de nouveaux morceaux pour le moment. On n’est pas non plus les plus rapides de la compo. Mais on a des idées pour célébrer les 25 ans du groupes dans 2 ans. Du coup, un dvd sera peut-être la prochaine étape. Pour le moment ce sont juste des idées, et rien n’est définitif.

Merci pour l’interview mec. J’espère qu’on se revoit un de ces jours à un concert d’asphyx ! haha !

On a du merch dispo ici : http://www.total-desaster.com

Longue vie au culte du heavy metal ! Bang or be banged !!!!

 

Festival Léz'Arts Scéniques, Sélestat (67) 27-28-29 juillet 2012

Featured

 L’Alsace centrale ne regorge pas que de vignes, de maisons à pans de bois et de géraniums aux fenêtres. Une petite asso d’irréductibles résiste encore et toujours à la morosité en abreuvant les mordus de musique avec des flots de décibels. Léz’Arts Scéniques est un festival qui fait place à la l’ouverture d’esprit et à la passion depuis déjà plus d’une décennie. Ni une ni deux, nous sommes allés consulter leur oracle Mickaël Marteau, qui nous en a appris de bien belles.

Outstanding products and very fast shipping. Much appreciated. Thank you so much. Buy viagra online australia! Sixty-three percent, 74%, and 82% of the patients on 25 mg, 50 mg and 100 mg of our medications, respectively, reported an improvement in their health.

1- L’association Zone 51 est à l’origine de la création du festival Léz’Arts Scéniques en 2001. Depuis lors vous n’avez cessé de bouger, de vous remettre en question. Y a-t-il une formule magique qui fonctionne à tous les coups, ou alors vous êtes encore en plein développement? Quels ont été les temps forts, les grands moments que vous avez vécu grâce à ce festival en une grosse décennie?

A notre niveau je ne pense pas qu’il y ait de formule magique, comme le prouvent les nombreux formats qu’a connu le festival. Organisé en salle à sa création, ce dernier a basculé en plein-air en 2010 avec 2 scènes face-à-face, et cette année les festivaliers auront le loisir d’apprécier une double-scène qui sera montée spécialement pour Lez’Arts Scéniques. Nous aimons le changement, et détestons reconduire les choses à
l’identique d’une année sur l’autre, notre objectif principal est de présenter au public un festival alternatif, qui sait évoluer avec son époque !
L’organisation du festival et son aboutissement représentent chaque année des
moments inoubliables, autant pour le staff que pour les bénévoles, mais
certains évènements ont effectivement marqué l’histoire du festival, comme par
exemple la 1ère rencontre de Sepultura et des Tambours du Bronx (qui les a
amené récemment à collaborer sur un concert commun qui a tourné dans plusieurs
festivals).

 

2- Sélestat, petite ville paisible en Alsace centrale a vu déferler toute une cohorte de jeunes qui écoutent de la musique forte. Comment se passe vos relations avec la population et avec les élus locaux. J’ai cru comprendre que vous bénéficiez de subventions du Département. Serez vous un jour aussi gros que le Hellfest?

Zone 51 et par extension Lez’Arts Scéniques a la chance de bénéficier du soutien de plusieurs collectivités locales, et en particulier de la Ville de Sélestat qui apporte un gros soutien logistique indispensable à l’organisation du festival. Il est néanmoins important de rappeler que le festival est autofinancé à 89%, donc directement tributaire de la fréquentation. Devenir aussi gros que le Hellfest (ou les Eurockéennes par exemple) n’est pas notre objectif, il existe en France (et en Europe) de nombreux « gros festivals », surtout pour le metal, et nous ne souhaitons pas entrer dans cette course à la fréquentation.


3- Vous restez assez larges dans la palette de groupes et de styles qui figurent sur vos affiches. Continuerez vous avec la formule « 3 jours=3 styles distincts » ou alors essayez vous d’assouplir la formule pour cette année? Le public Metal peut être assez sélectif. Pensez vous avoir réussi à affiner votre programmation ces dernières années? Quels sont les retours du public? Avoir ministry, municipal waste, black bomb A ou encore rancid et les toy dolls pour cette édition 2012. Voilà une affiche variée pour les amateurs de gros son.

Pour reprendre tes mots, nous allons en effet assouplir la formule cette année, pas sur le premier jour qui reste clairement orienté metal, mais la programmation sera plus lissée sur les 2 jours suivants.
Même sur cette journée nous essayons cependant d’être le plus éclectique
possible, c’est la raison pour laquelle nous proposerons cette année de
l’indus, du thrash, du hardcore et du pagan/death (annonce à venir très
prochainement…). Le samedi se voudra une journée sous le signe du rock (sous
toutes ses formes), étant donné que se succèderont sur scène punk rock
(rancid), chanson rock (Catherine Ringer), Electro rock (The Bloody Beetroots)
et même hip-hop rock grâce à la venue d’Everlast, leader mythique d’House of
Pain. Je pense également que notre force est de proposer une affiche variée,
composée en partie de groupes qu’il est rare de voir dans le Grand-Est, et les
retours que nous avons des festivaliers sont plutôt encourageants, reste à
savoir si la fréquentation le sera autant !

 

4- De plus en plus de festivals attirant entre 5000 et 8000 personnes (donc encore à taille humaine) existent en France. La fréquentation de Léz’Arts Scéniques est elle encore très locale, ou alors vous commencez à avoir de plus de fans qui viennent de partout en France et même de l’étranger (au vu de votre proximité géographique avec l’Allemagne, la Suisse)? Qu’est-ce qui vous démarque? Quelles sont vos exclusivités?

Il est vrai que tous les ans de nouveaux festivals se créent, tout autant que d’autres festivals disparaissent chaque année… C’est d’autant plus vrai dans le metal, qui depuis quelques années est de plus en plus représenté en festival, en France et en Europe. La provenance du public sur Lez’Arts Scéniques est assez disparate, mais globalement nous pouvons dire que proportionnellement, nous attirons un public local sur la
journée festive, et un public qui vient de plus loin sur les journées metal et
punk rock, ce qui s’explique par la très rare représentation en France de ce
genre de groupes (je pense notamment à arch enemyepica ou neurosis l’an
dernier).


 5- Vous organisez aussi des tremplins pour les groupes locaux. Ca permet d’en sélectionner pour participer à l’affiche finale. Pouvez vous nous présenter le tremplin de cette année plus en détails?

Chaque année le festival organise un tremplin pendant lequel 8 groupes issus d’Alsace se mesurent sur scène, et les 3 groupes qui ont le plus convaincu le jury se voient propulsés sur scène pendant Lez’Arts Scéniques. Cette année encore nous avons une sélection d’une grande qualité, il sera certainement difficile pour le jury de choisir entre le duo sludge/doom de crown et le metalcore efficace de fall of death pour ouvrir la
journée metal du festival ! Le reste de la sélection est très éclectique, et va
du punk rock (Keys & Promises) à la chanson (Mouse DTC et Claudio Capéo) en
passant par de nombreux autres styles affiliés à la grande famille du rock (Thomas
Schoeffler Jr, Elements 4 et Room Service). Les concerts auront lieu vendredi et samedi de cette semaine au Tigre de Sélestat, venez nombreux !

6- Outre Léz’Arts Scéniques, l’asso Zone 51 organise aussi très régulièrement des concerts, des animations à Sélestat. Quels sont les évènements prévus pour 2012?

Notre champ d’action est très large, et nos prochains rendez-vous sont notamment une formation gratuite sur la recherche de concerts et le booking (mardi 10 avril), puis le Superbowl (samedi 05 mai) un « battle of the bands » qui permettra à 8 groupes
locaux de s’affronter sur scène, le tout rythmé par les Hell’s Ass Derbygirls !
Suivra ensuite une soirée 100% rock’n roll pour la Fête de la Musique, avec
notamment la présence des bellrays, ce qui devrait constituer un bel
échauffement pour Lez’Arts Scéniques !

http://www.lezartssceniques.com

Procreation of the Naga wicked… Une interview obscure et sombre

Featured

Avec une ficelle, trois allumettes et un briquet, Mac Gyver fabrique une table de camping et sauve le monde. Quand Chuck Norris pisse contre le vent, le vent change de direction. Tout corps plongé dans l’eau en ressort vachement mouillé.

Tous ces faits exacts et scientifiquement prouvés sont bien beau, mais il en est un qui confine au miracle: Naga Wika est capable de faire se poiler une cohorte de clercs de notaire avec trois traits de crayon.

Great supplement and I love the packaging! Buying viagra. We’re a company that is dedicated to providing you the high-quality prescription medication you need.

Après le mystère du suaire de Turin, découvrons plus en détail ce fascinant et facétieux défi à la Raison fait homme.

1- Faire le margoulin en dessinant des petits miquets. C’est pas sérieux! Et pourtant en 2 ou 3 ans à peine tu as réussi à faire parler de toi, notamment grâce à tes caricatures de Fenriz de darkthrone… Il a même été tellement botté par ton boulot que tu as finalement eu une commande de sa part! Qu’est-ce qui t’a poussé à rendre public tes délires et autres caricatures assez récemment finalement? Tu m’as l’air de dessiner et d’avoir suivi des études d’art déjà depuis un moment…

Ouais, montrer publiquement ce que je fais est assez récent en fait. Sachant qu’avant ça, je dessinais dans l’indifférence la plus totale, juste pour moi-même.
Et puis tout bêtement, un jour j’ai acheté un scanner et j’en ai tout de suite vu l’aspect ludique. Je m’en servais pour poster des conneries sur les forums que je fréquentais, répondre par des dessins, des trucs comme ça. Vraiment pas dans l’optique de montrer ce que je faisais, mais juste pour amuser la galerie. Enfin parce que ça m’amusait moi, en premier lieu.

2- Récemment j’ai cru comprendre qu’une expo dévoilant tes dessins à faire jalouser Léonard de Vinci a été annulée. C’était sensé se passer à Lyon. Qu’est-il arrivé? C’était une première pour toi d’exposer comme ça?

Non ça y est, elle a eu lieu. C’est juste qu’à la base je devais venir à Lyon en novembre dernier et une merde de dernière minute m’a empêché d’y aller. Du coup, on l’a reporté en janvier. J’ai fait cette expo à la Luttine, qui est un espace auto-géré où tu peux venir te poser tranquillos, retrouver des potes, y glander, un lieu de vie quoi. Ils ont une distro, une petite fanzinothèque et ils organisent de temps en temps des projections de films et des petites expos. Alex qui réalise le fanzine Ratcharge (auquel j’avais déjà participé) et qui s’occupe également de l’endroit, m’a simplement demandé si ça me branché d’accrocher quelques dessins. Le fait que Alex est un ami et que ça se fasse dans un contexte simple et sans prétention (pas arty ou quoi) m’a motivé à y aller.
Le week-end passé sur place a été cool d’ailleurs. Passé toute la journée du vernissage étalé comme une merde sur un canapé et a manger des pizzas.

3- On peut voir tes dessins circuler dans pas mal de fanzines underground, ou dans le cadre d’une bande dessinée du nom de Bestial Avenger. Tu illustres aussi des affiches de concerts, des pochettes d’albums, de EP’s. A ce jour, as tu réussi à développer une activité suffisante pour pouvoir vivre de tes coups de crayons? N’y a-t-il encore aucune maison d’édition qui soit venue toquer à ton porte plume?

Franchement, j’ai pas à me plaindre. Dessiner pour des fanzines, ça rapporte vraiment pas mal. Il y a du fric dans l’uderground, je peux te le dire. Sans donner de chiffres, des zines comme Evil’s Best ou Hellpike payent vraiment bien.
D’ailleurs, j’ai fait deux trois trucs pour Thrash Attack recemment, j’attends que Flo m’envoie son chèque…

 4- Ton approche de la musique par la caricature fonctionne bigrement bien car tu ne prends jamais le lecteur pour un demeuré qui ne connaît rien au metal, au punk ou au hardcore. Pour autant, ça ne sonne jamais totalement comme de la private joke d’élitiste. Du coup, il y a souvent le petit décalage magique qui fait que fan de musique ou non, tes dessins restent désopilants et compréhensibles par tous. On sent que tu es toi même fan de ces gens que tu caricatures. Quels sont les retours de leur part? A part darkthrone et slayer magazine, ça t’a ouvert des portes?

Je n’ai pas le recul pour vraiment juger. Mais écoute, c’est cool si c’est le cas! Moi j’ai toujours l’impression que c’est super élitiste et nerd justement. Comme quoi.
Simplement, une chose par rapport « aux ouvertures ». Je n’ai jamais eu un plan de carrière. Il n’a jamais été question pour moi de vouloir paraitre chez un éditeur ou encore de faire partie de la grande famille de la bande dessinée. J’ai l’impression qu’il y a un systématisme chez les gens de penser que la finalité de son activité est nécessairement d’atteindre le haut de la pyramide. En l’occurence pour moi, cette pyramide là n’est pas celle qui m’intérèsse. Je suis toujours content quand on me demande de faire quelque chose et j’essaye toujours d’être à la hauteur de ce qu’on me demande. Puis des rencontres, des opportunités en ammènent d’autres. Darkthrone, ça été un heureux accident. Mais ça me met un peu mal à l’aise, car le fait d’être un peu « exposé » sous-entend une attente qui n’arrivera probablement pas. J’agis juste à l’envie et par la connerie qui m’anime. Je sais pas faire grand chose de mes mains. J’essaye juste d’avoir une activité qui m’apportera une petite satisfaction personnelle.

5- A part Robert Crumb, as tu d’autres influences graphiques et humoristiques à nous faire partager?

Pénélope Bagieu et Didier Gustin.

6- Des plans sur la comête à nous révéler avant de retourner dans la noirceur de ton encre de pieuvre lovecraftienne? Ne me dis pas que tu vas faire un polyptique sur Jackie Sardou figurée en saine Marie Madeleine quand même…

Dans l’immédiat: avoir mon bac, revoir Voivod.
Ensuite, heu… je prend les choses comme elles viennent. On verra.